La Francophonie, un univers disions-nous ... Le Soir sort un dossier "explosif" à la tronche du landerneau politique de la Communauté française, suite à une enquête difficile, parsemée de menaces et de pressions ... à propos de Jean-Denis Lejeune et de ses privilèges contestés.Il est soupçonné d'avoir bénéficié, grâce à son aura et à la confiance de partis politiques, d'avantages auxquels son statut ne lui donnait pas droit.
Quelques éléments:
- Acte I, Au service de « Claude », le Délégué - Tout commence au cours de l’été 2005.
Jean-Denis Lejeune, est alors « attaché de direction » de Child Focus, le Centre européen pour enfants disparus. Il est en conflit ouvert avec la nouvelle direction et envisage de quitter la fondation. « Je voulais claquer la porte, sans savoir ce qu’il y avait derrière, nous assure l’intéressé. J’en ai parlé à Claude Lelièvre, qui est un ami de longue date et un homme d’expérience, qui m’a alors conseillé d’attendre 24 heures. Le lendemain, il venait avec une proposition. » Devenir « chargé de communication et de projets » pour la Délégation.
- Acte II, Un contrat irrégulier, mais soutenu par le PS-CDH
Mais Jean-Denis Lejeune n’arrive pas sans prétentions. « Je ne voulais pas perdre les conditions que j’avais chez Child Focus, confie-t-il au Soir, et puis j’allais sur mes 50 ans avec dix ans d’ancienneté comme carrossier à la Ville de Liège. » Alors il négocie. Directement avec le cabinet Eerdekens, alors ministre de la Fonction publique (PS), qui signera seul son contrat de travail le 24 septembre 2005.
Un contrat qui interpelle : l’intéressé est engagé en niveau 1, alors qu’il n’est pas universitaire. Il bénéficie par ailleurs d’une rémunération fixée dans l’échelle barémique 120/3 (rang 12). C’est un statut de fonctionnaire élevé – seuls 167 des quelque 5.500 agents en bénéficient au ministère de la Communauté française. En outre, il n’occupe pas un poste à responsabilité à la DGDE.
Mais, plus surprenant, aucun de ces avantages en nature ne figure dans le contrat de travail de Jean-Denis Lejeune ni même dans la décision du gouvernement du 25 août 2005. Deuxième fait troublant. « Il a négocié avec Eerdekens et le cabinet, l’administration a exécuté, point », analyse un proche du dossier. Ce que confirme l’intéressé.
Un contrat irrégulier ?
Le 19 août, soit six jours avant que le gouvernement n’entérine ce recrutement, l’Inspection des finances envoie son rapport – négatif – au ministre Eerdekens (PS), avec copie à M. Ingberg, ainsi qu’à M. Samyn, directeur général du ministère. « Vu les niveaux et barèmes proposés, l’avis de principe de l’Inspection des finances sera négatif, mais elle reconnaîtra que, contrairement à des dossiers précédents, le présent cas est particulier et pourrait éventuellement justifier d’une exception, à décider par le gouvernement. »
Six jours plus tard, l’exécutif PS-CDH décide donc de faire « exception » pour Jean-Denis Lejeune. Au PS, on est formel : « Il y avait consensus gouvernemental. » Au CDH on conteste : « Il y avait malaise. Nos deux ministres (Simonet et Fonck) étaient contre l’idée, pas la personnalité. » Quoi qu’il en soit, ce dossier, très sensible, est remonté jusqu’à la présidence des deux partis (Di Rupo, Milquet). Qui a tranché… Ainsi, le 24 septembre 2005, Jean-Denis Lejeune rejoint l’équipe de Lelièvre : une quinzaine de personnes (juristes, criminologues…), installée au centre de Bruxelles, dont la mission est « la sauvegarde des droits et des intérêts de l’enfant ».
... la suite de ce dossier Wallonistanais dans le journal Le Soir.
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