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dimanche 13 avril 2008

Premier dérapage de Leterme comme 1er ?

Un peu dans le style auquel il nous avait habitué lors de ses déclarations singulières à "Libé" (le fameux entretien du 17 août 2006), en son temps, Yves leterme semble remettre le couvert, en se montrant ironique sur la qualification du "Wooncode" par des institutions internationales; Marino keulen a même pour sa part déclaré que le reste du monde devrait prendre en exemple ce règlement, car "La méconnaissance d'une langue en Belgique est source d'injustices sociales" affirme notre premier. Certes, mais où est le lien avec le droit au logement ?
On dirait du très mauvais Arena qui tente de justifier son dernier décret à l'objectif louable, mais aux méthodes pratiques inacceptables. Même combat.





EuroNews
La Commission européenne a regardé, disons avec une certaine difficulté la question du code de logement pour les logements sociaux, qu'est-ce que vous pensez de cette position européenne ?

Yves Leterme
En tout cas pour avoir décidé, j'étais un des décideurs concernant le Wooncode, le code de logement, je défends ce Wooncode. L'objectif du Wooncode c'est d'essayer d'utiliser la demande qu'ont des personnes individuelles, des foyers familiaux pour une maison sociale, une maison qui est mise à disposition à des conditions sociales, c'est d'utiliser cette demande comme méthode d'intégration et donc l'intégration ça passe entre autre par la disponibilité pour apprendre une langue et je crois qu'au delà de tous le traités, accords, règlements etc, il est important qu'il soit offert aux gens la possibilité de s'intégrer, de se sentir disons le bienvenue dans une communauté et ça passe par la maîtrise ou au moins la disponibilité d'apprendre une langue.

EuroNews
Est-ce que à votre avis il n'y a pas un peu de discrimination là dedans ?

Yves Leterme
Ce n'est pas à moi de juger.

EuroNews
Pour les Nations unies peut-être...Les Nations unies ont une position à ce sujet


Yves Leterme
Quelle est votre question ?


EuroNews
Justement est-ce qu'à votre avis il y a une forme de discrimination sur la base linguistique ?

Yves Leterme
Monsieur, moi j'ai participé à la prise de décision sur le Wooncode, je crois que l'objectif est très clair et net, c'est d'utiliser la demande que peuvent avoir des individus des foyers familiaux pour une maison sociale, comme moyen, comme moment, comme méthode d'intégration, je note d'ailleurs que plusieurs spécialistes francophones aussi dans ce pays ont dit qu'en effet l'intégration d'individus des familles, par exemple issues de l'immigration passe par une connaissance de la langue...Je crois que par exemple les juristes qui approchent ce dossier devraient savoir qu'au delà de leurs cogitations très intéressantes au niveau juridique, il y a un drame sociale qui se passe.
Vous savez la connaissance insuffisante d'une langue, par exemple le Français ou le Néerlandais en Belgique est source d'injustices sociales: il y a des gosses, maintenant, des enfants qui débutent leur scolarité sans connaître ni le Français, ni le Néerlandais. Et donc au-delà de Nations unies, l'Union, la Commission européenne etc, et les rapports très savants qu'ils ont publiés, il faut surtout essayer de résoudre cette question sociale et je crois qu'offrir tant aux enfants, à leur famille, en ce qui concerne le logement social, les demandeurs d'un logement social, la possibilité de s'intégrer via la langue, c'est vraiment offrir aussi un moyen d'émancipation sociale.

Lire aussi:

Karel De Gucht, a dit jeudi à la Chambre que le rapport du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale n'a pas de valeur juridique. Il a aussi indiqué que le rôle de son département dans l'élaboration de ce rapport a été purement administratif.
"Je n'ai pas à dire, en tant que ministre fédéral des Affaires étrangères, ce que je pense du Wooncode"
"Les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais ".
Yves Leterme le ministre-président de la Flandre vient de lancer une grenade à la moutarde dans le jardin des francophones.

La Flandre mène une politique « d’épuration linguistique »
Damien Thiéry, le bourgmestre (maire) de Linkebeek, une commune à majorité francophone de la périphérie bruxelloise, mais située en Flandre, a dénoncé, ce matin, la politique « d’épuration linguistique » menée par la Flandre et « le nationalisme agressif des politiciens flamands ».

Le Premier ministre haïtien renversé

Le président haïtien a annoncé samedi une baisse du prix du riz pour apaiser la colère de la population, qui a coûté le même jour son poste au Premier ministre Jacques-Edouard Alexis après les émeutes de la faim dans le pays. Des policiers haïtiens étaient déployés samedi aux abords du Sénat où s’étaient rassemblés des jeunes. Mais aucune manifestation n’était organisée à Port-au-Prince où l’activité économique reprenait progressivement. Des émeutes de la faim ont fait au moins 5 morts et 200 blessés, selon un bilan non officiel. Samedi soir, on apprenait qu’un soldat de l’ONU a été tué à Port-au-Prince, selon une porte-parole de la mission des Nations unies en Haïti.

jeudi 13 mars 2008

Le "wooncode" dans le collimateur international

UPDATED :
"Le ministre Keulen a lancé un nouvel appel à candidature pour les postes de bourgmestres de ces communes. Nous allons représenter les mêmes personnes. Nous donnons ainsi une deuxième chance au gouvernement flamand de montrer sa bonne volonté", a dit M. Maingain.

Wooncode : les députés flamands ne manquent pas d’humour….

"La Flandre est soupçonnée de discrimination linguistique", titre pudiquement le journal Le Soir.

"Shame on you", comme dirait l'autre.



Karel De Gucht a été interrogé jeudi à la Chambre par Olivier Maingain (MR-FDF), Mia De Schamphelaere (CD&V), Melchior Wathelet (CDH), Meyrem Almaci (Groen !) et Francis Van den Eynde (VB) sur le rapport du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination. Celui-ci se dit préoccupé par le Wooncode adopté par la Flandre.

Plus généralement, ce comité pointe du doigt un certain nombre de discriminations en Belgique.
Dans sa réponse, le ministre a expliqué la procédure suivie par ce genre d'institution pour l'élaboration de ses rapports. L'institution transmet un certain nombre de questions à diverses instances. Dans ce cas-ci, son département n'a joué qu'un rôle purement administratif de transmission de documents.

« Je n'ai pas à dire, en tant que ministre fédéral des Affaires étrangères, ce que je pense du Wooncode»
Il a ajouté que ce rapport n'avait aucune valeur juridique.


Keulen connaissait la teneur du rapport ONU

Contrairement à ce qui déclare Marino Keulen, le représentant de la Flandre auprès des Nations unies, à Genève, a eu des contacts avec son administration et son cabinet avant la publication du rapport du Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale sur le wooncode.
Le représentant flamand a informé le cabinet du ministre flamand de la Politique extérieure, Geert Bourgeois (NV-A), de ces contacts, a indiqué le porte-parole de ce dernier, Ben Weyts.


Après que la possibilité d'une erreur de communication sur le wooncode ait été évoquée au Parlement flamand, le cabinet Bourgeois avait sollicité des explications auprès de l'administration d'Internationaal Vlaanderen et du représentant flamand au sein de la Représentation permanente de la Belgique auprès de l'ONU, à Genève.
Ce dernier a indiqué au cabinet Bourgeois qu'un document reprenant des questions du Comité des Nations unies, et une demande de réponse, avait été distribué par la représentation flamande à Genève à différents services gouvernementaux flamands.
Huit personnes de contact, dépendant notamment de l'administration du Logement et de la cellule Intégration, toutes deux placées sous l'autorité du ministre Keulen, ont fourni les réponses demandées.
Sur cette base, le représentant dit avoir participé à une réunion au Service public fédéral Affaires étrangères, les 25 et 26 février, en vue de préparer la présentation du rapport belge. Il a lui-même pris part à la présentation de celui-ci devant le Comité des Nations unies, a-t-il affirmé.
Durant cette réunion, le représentant aurait pris directement contact avec le cabinet Keulen, à la demande de l'administration flamande, à propos de questions techniques sur le code du logement et des terrains d'habitation à Zaventem. Le représentant dit avoir fait rapport de cette réunion à différents services gouvernementaux flamands et cabinets la première semaine de mars.


Les discriminations linguistiques restent un tabou
Ce n'est pas une pierre mais un énorme pavé que le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale a jeté dans le jardin de la Communauté flamande. Les experts des Nations unies estiment le « wooncode » potentiellement discriminatoire. Ils invitent la Belgique à veiller à ce que les exigences linguistiques « ne conduisent pas à une discrimination exercée en raison de l'origine nationale ou ethnique ». Nationale ? Ethnique ? On ne parle pas uniquement ici des personnes d'origine étrangère qui, en méconnaissant le néerlandais, pourraient être écartées de l'accès au logement. Les Belges francophones en font partie et il n'y a pas qu'au FDF qu'on imagine que ce décret les vise particulièrement.

Les pratiques flamandes choquent ONU et Europe
La Flandre enrage d'être accusée de « discrimination linguistique » pour son code du logement. Pourtant, elle avait été prévenue. L'accès au logement social et l'achat de terrain réservés aux seuls néerlandophones sont dénoncés par l'ONU et l'Europe.


L’ONU mardi, la Commission européenne mercredi dénoncaient les discriminations fondées sur la langue, en Flandre dans le « wooncode » qui restreint l’accès des logements sociaux aux locataires parlant le néerlandais et à ceux qui s’engagent à l’apprendre. Zaventem est aussi dénoncée pour ne vendre ses terrains qu’à des néerlandophones.

Ce n'est pas nouveau, car déjà le Conseil de l’Europe avait demandé à la Belgique de ratifier la convention cadre sur la protection des minorités qui est cité dans le dernier rapport du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale se dit


« préoccupé par l’adoption par le gouvernement flamand en décembre 2006 d’un décret restreignant l’accès aux logements sociaux aux personnes qui parlent ou qui ont pris l’engagement d’apprendre le néerlandais » et demande aussi de « veiller à ce que les exigences linguistiques ne conduisent pas à une discrimination indirecte exercée en raison de l’origine nationale ou ethnique »
Mercredi, c'était donc la Commission européenne qui déclarait à ce sujet:



« la Belgique va devoir donner des explications »
Olivier Maingain, a déclaré :



« Avant d’envisager toute nouvelle réforme de l’Etat, les partis démocratiques francophones et les démocrates flamands doivent exiger que le gouvernement et le parlement flamands s’engagent à respecter la convention-cadre sur la protection des minorités nationales et toute autre convention internationale garantissant les droits fondamentaux. »
Alors que du côté néerlandophone, c'est encore et toujours l'incompréhension, en attribuant la culpabilité de la seule image au Vlaams Belang et on est irrité aussi par les critiques de l’ONU.
Le gouvernement flamand va répondre « rapidement » aux critiques de l’ONU.
Marino Keulen, le ministre du Logement et instigateur du « wooncode », a répété qu’il n’avait été guidé que par un souci d’« intégration sociale ».

Le même crétin avait déjà déclaré, concernant l'absence de nomination de bourgmestres de la périphérie que "les trois bourgmestres n'avaient pas la dimension morale suffisante pour exercer la fonction" et qu'il possédait "de très bons dossiers, très argumentés juridiquement".


Consulter aussi:

La périphérie bruxelloise : L'avenir de la périphérie de Bruxelles-Capitale

Vu par Philip Hermann: Le wooncode désapprouvé par l'ONU

"Wooncode" et minorités interpellent... l'Onu !
Décoiffant, le nouvel épisode du feuilleton "wooncode", le code du Logement social en Flandre, d'application depuis le 1er janvier ! Ce n'est ni plus ni moins qu'aux Nations Unies, cette fois, que l'on se dit interpellé par son dispositif querellé depuis sa gestation, voilà plus de 2 ans. C'est celui qui conditionne l'octroi de pareil logement à l'apprentissage du néerlandais pour les candidats locataires non néerlandophones.

André Antoine relance le dossier au niveau européen
André Antoine, vice-président du gouvernement wallon, a pris connaissance "avec beaucoup d'intérêt" des préoccupations du Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale à propos du "wooncode" de la Communauté flamande.

Les élèves flamands mauvais en français
A peine un quart d'entre eux parviennent à saisir l'essentiel d'un court texte qu'ils ont entendu, alors qu'un peu plus de la moitié comprend les principaux points d'un texte lu.

Le sénat est pour une solution négociée
La Commission des Affaires institutionnelles du Sénat a adopté mercredi, dans le cadre de la procédure en conflit d'intérêt relative à Bruxelles-Hal-Vilvorde, un avis qui renvoie à l'engagement, pris dans le projet de loi spéciale, de rechercher une solution négociée au problème.

jeudi 20 décembre 2007

Purification linguistique en Belgique

Ils partagent aussi un lion et sont de culture germanique et pourtant ... purification linguistique et culturelle

Vues par nos voisins luxos:

Nouvelle preuve que la crise belge est profonde: une commune limitrophe de Bruxelles ne vend ses terrains qu’à des néerlandophones.
Imaginez que le Grand-duché ne vende plus que des terrains à ceux qui parlent luxembourgeois.

Cette politique clairement discriminatoire est à l’œuvre aux portes de Bruxelles, raconte Jean Quatremer, journaliste à Libération, sur son blog.
La commune de Zaventem, qui accueille l’aéroport international de Bruxelles, a décidé de ne vendre ses terrains qu’à des néerlandophones ou, à la limite, à ceux qui suivent des cours de langue.

Jean Quatremer poursuit ses explications:

Le seul élu francophone du Parlement flamant, Christian Van Eyken (UF), avait déposé une plainte auprès du gouverneur du Brabant flamand, Lodewijk De Witte, contre le règlement communal de Zaventem qu’il estimait discriminatoire envers les personnes non néerlandophones.

En vain.
Ce réglement communal « est un instrument important pour garantir le caractère flamand de communes comme Zaventem et favoriser la cohabitation entre les habitants d’un quartier », s’est réjoui l’adjoint au maire Eric van Rompuy (CD&V). Précisons que ce type de mesure existe aussi dans d'autres communes flamandes de la périphérie bruxelloise.

Pour un pays qui s’est battu pour accueillir la capitale de l’Europe, une telle politique de purification linguistique est proprement incroyable et surtout semble contraire aux traités européens qui interdisent toute discrimination. En pratique, cela signifie que si un fonctionnaire ou un député européen veut acheter en Flandre, il devra parler flamand…


Et la Loi 101 au Québec ?



La différence avec la "loi 101" du Qc:


Le préambule stipule que l'Assemblée nationale entend poursuivre l' objectif de définir le français comme langue unique de la Province « dans un esprit de justice et d'ouverture, dans le respect des institutions de la communauté québécoise d'expression anglaise et celui des minorités ethniques, dont elle reconnaît l'apport précieux au développement du Québec ».

Le préambule stipule également que l'Assemblée nationale « reconnaît aux Amérindiens et aux Inuit du Québec, descendants des premiers habitants du pays, le droit qu'ils ont de maintenir et de développer leur langue et culture d'origine. »



Et l'Europe, dans tout cela ?



L’Europe s’inquiète des critères linguistiques
La Commission européenne annonce son intention d’analyser les dispositions légales permettant à la commune de Zaventem de réserver l’acquisition de terrains à bâtir aux seules personnes s’exprimant en néerlandais ou qui suivent des cours de néerlandais dans une école reconnue.

Nous sommes en contact avec les autorités belges pour analyser ces mesures spécifiques », a indiqué jeudi Friso Roscam-Abbing, porte-parole du commissaire européen en charge des Libertés, Franco Frattini.


Cette affaire n’est pas sans en rappeler une autre. En décembre 2007, l’exécutif européen avait pour mémoire entamé une évaluation des dispositions du Code d’habitat flamand (« Wooncode »), lequel prévoit notamment d’obliger les locataires de logements sociaux à faire la preuve de leur disponibilité à apprendre le néerlandais.
Interrogé sur l’état d’avancement de cette évaluation, M. Roscam-Abbing a indiqué jeudi que l’exécutif européen attendait de recevoir les décrets d’application du projet controversé avant de se prononcer.
« Nous les attendons pour le début de l’année prochaine », a ajouté ce même porte-parole. Selon la Commission européenne, le Wooncode doit en effet pleinement entrer en application ce 1er janvier 2008.
Lors de l’ouverture de cette analyse, l’exécutif européen avait annoncé vouloir s’assurer que le code flamand du logement ne constitue pas « une discrimination indirecte en raison de la nationalité », lequel serait alors contraire aux règles européennes.