- Le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) estime qu’il ne peut juridiquement rien faire dans le cadre de la plainte déposée par Bart De Wever contre le journal Le Soir pour racisme, rapporte Het Laatste Nieuws. Le président de la N-VA s’était plaint fin juin auprès du CECLR parce que « lui-même, son parti et tous les Flamands avaient été diabolisés par Le Soir ». Sa plainte était consécutive à une série d’articles publiés par le quotidien. Le Centre a déclaré avoir pris connaissance des articles incriminés mais estime qu’il n’est pas possible d’évoquer juridiquement la loi anti-racisme dans ce contexte. Le CECLR insiste toutefois que son avis ne minimise pas l’ampleur des réactions aux articles et que le journal Le Soir doit tenir compte de ces critiques.
- lundi 07.07.2008 Après les plaintes pour racisme déposées au Centre pour l’Egalité des Chances contre Le Soir, le leader nationaliste flamand Bart de Wever (N-VA) intente une action pénale pour « diffamation et calomnie » contre l’écrivain et chroniqueur au Soir Pierre Mertens. Cette plainte vise un texte publié le 7 décembre 2007 dans le journal Le Monde. Pierre Mertens y qualifiait Bart de Wever de « leader résolument négationniste ». Pierre Mertens a été interrogé par deux agents de la police judiciaire mandatés par la juge d’isntruction Callewaert. Si la procédure est menée jusqu’à son terme, Pierre Mertens sera traduit devant le Cour d’Assises, seule compétente pour juger des délits de presse.
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lundi 7 juillet 2008
Les plaintes de De Wever
samedi 15 décembre 2007
Le pays qui ne s'aimait plus
"Point de vue" par Pierre Mertens exprimé dans le journal français "Le Monde".
Extraits:
Il y a une trentaine d'années, lorsque nous avons, le sociologue Claude Javeau et moi, forgé le concept de "belgitude", nous étions bien loin de penser que cette boutade, via un clin d'oeil appuyé à Léopold Sédar Senghor et Sullerot, résisterait à l'épreuve du temps.On a beaucoup glosé sur le caractère artificiel d'une construction nationale ambiguë, conçue pour faire pièce à certaine Sainte Alliance et neutraliser les passions conquérantes des grandes puissances européennes (les calculs stratégiques du dénommé Talleyrand n'y avaient pas été pour rien).
Discriminée au sein d'un Etat qui s'était créé unitaire et francophone, la population flamande développa bientôt de grands espoirs d'inverser, lorsque l'occasion se présenterait, le rapport de force. Une partie non négligeable de celle-ci pactisa et collabora même avec l'ennemi durant l'Occupation, entre 1940 et 1945, pour assouvir son appétit de revanche. Et nous en recueillons encore, au demeurant, les fruits empoisonnés.
Une guerre sourde s'était déclarée entre les communautés linguistiques - et pourquoi ne pas dire : ethniques ? - qui ne s'apaisa, désormais, que par intermittence, pour faire illusion.
Discriminée au sein d'un Etat qui s'était créé unitaire et francophone, la population flamande développa bientôt de grands espoirs d'inverser, lorsque l'occasion se présenterait, le rapport de force. Une partie non négligeable de celle-ci pactisa et collabora même avec l'ennemi durant l'Occupation, entre 1940 et 1945, pour assouvir son appétit de revanche. Et nous en recueillons encore, au demeurant, les fruits empoisonnés.
Une guerre sourde s'était déclarée entre les communautés linguistiques - et pourquoi ne pas dire : ethniques ? - qui ne s'apaisa, désormais, que par intermittence, pour faire illusion.
Il n'est plus question que "de portes qui claquent au Parlement, d'ultimatums, de gaffes et de diktats, de compromis impossible, de risque de crash, de gifles, de viols et de camouflets, de coups durs et de coups bas, de bombes à retardement, de fractures et de point de rupture, de guerre de tranchée, de dramatisation autour de Bruxelles, d'agression politique et de passage en force, de riposte et de représailles... d'actes de belligérance sur tous les fronts !"
on se livre, partout, à des concours d'épitaphes. Les nécrologies débordent. On diagnostique, dans un délire d'anticipation, l'encéphalogramme plat. La Belgique serait, pour la énième fois, bien morte. Alors, si, au lieu de parier sur le pire - ou de verser dans l'angélisme, ce qui revient au même -, on s'évertue à examiner froidement la situation, on se retrouve même à établir certains constats.
Au sud du pays, les francophones se sont suicidairement divisés et ne font guère d'efforts pour dépasser leurs démagogiques dissensions. Un pestilentiel climat de corruption y a régné presque impunément, et cela au risque insensé d'amoindrir la crédibilité de toute une communauté. On se serait bien passé de la mansuétude dont ont pu bénéficier certaines mafias locales.
Au nord, un nationalisme nauséabond s'est radicalisé, sans qu'on y prenne vraiment garde. L'installation - parfois fantomatique - d'un "cordon sanitaire" autour d'un club ouvertement xénophobe, sinon néonazi, n'empêchera pas d'autres partis, plus "présentables", de s'unir pour former une entité totalement dévouée, par avance, à la scission du pays. Un seul parti, parmi eux, dirigé par un leader résolument négationniste, qui n'a envoyé au Parlement que six députés (sur un total de plus de 200), tient l'organe majoritaire, dont il est l'allié indispensable, par la barbichette, et de ce fait le pays tout entier.
Au sud du pays, les francophones se sont suicidairement divisés et ne font guère d'efforts pour dépasser leurs démagogiques dissensions. Un pestilentiel climat de corruption y a régné presque impunément, et cela au risque insensé d'amoindrir la crédibilité de toute une communauté. On se serait bien passé de la mansuétude dont ont pu bénéficier certaines mafias locales.
Au nord, un nationalisme nauséabond s'est radicalisé, sans qu'on y prenne vraiment garde. L'installation - parfois fantomatique - d'un "cordon sanitaire" autour d'un club ouvertement xénophobe, sinon néonazi, n'empêchera pas d'autres partis, plus "présentables", de s'unir pour former une entité totalement dévouée, par avance, à la scission du pays. Un seul parti, parmi eux, dirigé par un leader résolument négationniste, qui n'a envoyé au Parlement que six députés (sur un total de plus de 200), tient l'organe majoritaire, dont il est l'allié indispensable, par la barbichette, et de ce fait le pays tout entier.
La Belgique ne s'aime plus. Elle ne s'est jamais vraiment assez aimée.
le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes laisse la place au droit de l'Etat à disposer des peuples -, pour recouvrer un désir de Belgique. En attendant, on masque cruellement, de façon obscène, les besoins des gens, leurs inquiétudes socio-économiques et leurs soucis écologiques.
A quoi bon ce pays s'immolerait-il ? Il faudrait aussitôt en réinventer un, qui lui ressemblât.
A quoi bon ce pays s'immolerait-il ? Il faudrait aussitôt en réinventer un, qui lui ressemblât.
Pierre Mertens est romancier, chroniqueur au quotidien "Le Soir" et membre de l'Académie royale de Belgique.
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