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mardi 26 mai 2009

La Pentecôte est avancée

L'illumination par l'Esprit Saint des acteurs politiques à moins de 50 jours de Pâques, comme son nom l'indique (πεντήκοντα = cinquantième), c'est la Pentecôte. Or, nous n'en étions qu'au week-end d'Ascension et tout se bouscule.

Il y avait ce qui me semble le tournant majeur de cette campagne, avec les déclaration de Lutgen (précédé de peu par le duel peu convaincant Milquet-Di Rupo d'un Huis-Clos)

Karel De Gucht, en a rajouté une couche ce week-end à la VRT:

"S'il y a un changement fondamental en Wallonie, je n'exclus pas des conséquences sur le niveau fédéral. Le paysage politique changera en Wallonie si, le soir du scrutin, le MR devient le premier parti et qu'Ecolo tourne autour des 20 pc, a-t-il fait remarquer" "Il est difficile de ne pas voir la culture du scandale du PS. Que cela ait tôt ou tard des conséquences sur un système politique n'est pas mauvais en soi"
Michel Javaux, le signal de l'électeur, qu'est ce que cela veut dire, concrètement?
Ça veut dire, par exemple, que pour Ecolo, il ne peut pas y avoir deux perdants d’une élection dans un gouvernement. Ce serait malheureux. Par rapport aux résultats de l’élection régionale de 2004, on fera les comparaisons. On a vu beaucoup d’endroits - comme à Namur - où PS et MR avaient fait le choix de gouverner ensemble, malgré des revers.

Vous ne partagez pas l'opinion de ceux qui jugent le PS "infréquentable" et estiment que la rénovation du PS est un échec?

Je n’aime pas le terme "infréquentable". Ce sont des comportements qui sont infréquentables plutôt que des personnes. Un des gros problèmes du PS, c’est son rapport au pouvoir. Et c’est souvent dans des cabinets ministériels, dans des intercommunales, chez des gens qu’on ne voit pas forcément à la télévision, que les problèmes ont lieu. Ce voyage en Californie a choqué énormément de gens, il est tombé au moment où plein de gens perdent leur emploi, où la crise frappe de plein fouet. Culturellement, il y a une sinistrose. Et là-dessus, se greffe une attitude déplacée d’un parti dominant. Un Rudy Demotte ou un Paul Magnette ont des choses intéressantes à faire passer, mais je ne peux pas nier que le PS a raté sa rénovation. Et c’est très sain ce qui se passe aujourd’hui: qu’un parti qui a été ultradominant fasse son autocritique. On y arrive, mais à la force des baïonnettes. Quoiqu’il arrive, je pense que le PS va arriver plus humble à la table des négociations.

Benoît Lutgen défend des synergies poussées entre son parti et le vôtre à moyen terme. Qu'en pensez-vous ?

Sur un plan personnel, Benoît Lutgen est un ami. Et je pense qu’il faut distinguer les relations de personnes et les relations de partis. On entend des signaux et on a encore quelques années pour mettre en place une rupture non-matérialiste. C’est clair qu’avec le CDH, on permet de faire levier par rapport aux deux autres partis qui tentent de bipolariser l’échiquier politique. Je n’en fais pas un rapprochement, mais avec le CDH, sur le pôle non matérialiste, sur le soutien à la vie associative, il y a des liens. Mais on a des divergences par rapport à la persistance de certains barons CDH qui restent ancrés dans le développement traditionnel. Et qui pensent encore que les Ecolos ne sont que les défenseurs des petits oiseaux qui menacent l’économie. C’est ce qu’on vit en région liégeoise, à l’exception de Marie-Dominique Simonet. Cet appel de Benoît Lutgen est intéressant. J’attends qu’il soit confirmé par Joëlle Milquet.


Lire aussi:
Tous les Partis s’écartent du PS
La chronique politique de Philippe Walkowiak. Lundi 25 mai 2009.
La campagne a peut-être connu un tournant en ce week-end d'Ascension. Tout le monde désormais isole expressément le Parti Socialiste.
Dans Huis-Clos sur la Une Télé, vendredi soir, Joëlle Milquet face à Elio Di Rupo marquait déjà la différence de son parti, la coalition c'est un contrat à durée déterminée. Benoît Lutgen - que beaucoup présente comme le successeur de Joëlle Milquet à la tête du CDH- a retapé sur le même clou le lendemain dans La Libre Belgique : croyez bien que les évènements de ces derniers jours vont peser lourd dans la balance après le 7 juin. Notre contrat avec le PS se termine le 7 juin. Et au-delà de l'écœurement et du dégoût, il va y avoir des traces.