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lundi 23 février 2009

Dehaene Vs France



Extrait d' "Au Quotidien" de la RTBF, du début octobre 2008

Lire aussi:
Fusion Caisse d'Epargne/Banque Populaire:
Sarkozy annonce une décision cette semaine
Une décision sur une fusion entre la Caisse d'Epargne et la Banque Populaire interviendra "cette semaine", a déclaré dimanche à Berlin le président Nicolas Sarkozy."Le processus de fusion (...) progresse. La décision, ce sera pour cette semaine", a déclaré M. Sarkozy en réponse à une question lors de la conférence de presse suivant un sommet des Etats européens membres du G20.La fusion des deux instituts devrait donner naissance à la deuxième banque française, un mariage dont la conclusion a été hâtée par le gouvernement, soucieux de mettre un terme à des négociations tendues entre les ces banques.

Le chantage de Sarkozy passe mal au sein des banques françaises
Si les banques hexagonales veulent toucher leur part des prochains 10,5 milliards d'euros qui leur seront accordés, leurs patrons devront renoncer à leur bonus. A prendre ou à laisser, assènent en chœur le président Sarkozy et sa ministre de l'Economie. Certains banquiers ont déjà accepté cette condition parmi d'autres. Pas tous.
Le gouvernement français a menacé lundi deux des principales banques du pays de les écarter du plan d'aide de 21 milliards d'euros accordé à ce secteur, si leurs dirigeants maintiennent leur refus de renoncer à des bonus annuels de centaines de milliers d'euros. «Les banques doivent comprendre que nous avons changé d'époque !», a asséné Christine Lagarde, ministre hexagonale de l'Economie.

mardi 9 décembre 2008

Sarkozy a mangé tout crus les "p'tits Belges"


Francis van de Woestyne et Ariane van Caloen de La Libre Belgique publient dans Courrier International un article sur les dessous de ce qu'avait légèrement devoilé Axel Miller lors de la dernière émission de "Répondez à la Question" ...

Comment Convoqué à l'Elysée par un Sarkozy arrogant et impérial, le Premier ministre belge a dû avaler couleuvre sur couleuvre dans le dossier Dexia. On ne lui a même pas épargné le cigare tôt le matin.

Récit d'une humiliation.

Mardi 30 septembre. Six heures du matin. Enfermés dans le bureau de Nicolas Sarkozy, président de la République française, François Fillon, Premier ministre, et Christine Lagarde, ministre des Finances, viennent de transmettre à Yves Leterme, Premier ministre belge, les conditions (les ordres plutôt) posées par la France pour participer au sauvetage de Dexia (trois milliards cash). Axel Miller, le patron belge de Dexia, doit être viré. Les Belges réfléchissent. Miller, les hommes politiques l'aiment plutôt bien. Juriste de 43 ans, parfait polyglotte, aimé de son personnel, travailleur à toute heure.
Sans jouer les Zola, on peut dire que sa grand-mère, d'origine russe, a vécu dans la pauvreté. A la maison, on lisait Le Monde comme ailleurs on lit la Bible. Et on allait en vacances dans le Larzac. Donc, débarquer Miller, ça fait un peu mal. Mais un moment de gêne et de honte est vite passé.

L'hésitation est de courte durée car, à Paris, le maître de l'Elysée s'impatiente. Miller doit payer pour les fautes qu'il a commises. Il doit assumer les conséquences de sa mauvaise gestion. Quelles fautes a-t-il commises ? Sans doute a-t-il eu tort de tenir tête quelquefois aux Français, notamment lorsque ceux-ci voulaient transférer le siège de Dexia de Bruxelles à Paris.
Et puis Miller, disent les Français, a caché la réalité financière de la banque, qui est beaucoup plus mal en point qu'il n'a bien voulu le dire. Il y a donc une rupture totale de confiance. Mais il y a aussi la volonté française, à peine voilée, de profiter de l'instant pour mettre la main sur Dexia. Les Belges tentent d'argumenter : si Dexia a aujourd'hui un gros problème, c'est parce qu'une de ses filiales, FSA, est très exposée aux Etats-Unis.
Mais rien n'y fait. Un ministre belge témoigne : "Depuis le début de l'épisode Dexia, Sarkozy voulait placer Mariani, son ancien chef de cabinet, à la tête de la banque. Il ne pensait qu'à ça. Nous, on lui parlait de plan stratégique… et lui nous répondait chaque fois que tout ce dont Dexia avait besoin, c'était d'un nouveau management.
Il nous a dit :

‘On va débarquer Axel Miller. Point final.'

" Et puis Axel Miller a un ennemi dans la place. Bruno Deletré, ancien responsable de FSA, a été viré de la direction de Dexia en juin par Axel Miller. Or Bruno Deletré est devenu conseiller… de Christine Lagarde. Quelle que soit l'influence de Deletré dans cette affaire, l'Elysée fait donc du départ de Miller un préalable. Dans la foulée, les Belges, tant qu'à faire, demandent qu'Axel Miller ne soit pas le seul à faire les frais de l'opération. Si le management doit payer pour les fautes commises, il en est un autre qui doit sûrement faire un pas de côté, le Français Pierre Richard, président du conseil d'administration de Dexia, l'homme qui a amené la filiale américaine FSA, très exposée en matière de produits toxiques, dans la dot du Crédit local de France et donc de Dexia. Avec le recul, certains pensaient que les Belges auraient dû dire aux Français : "Allez au diable, on met trois milliards de plus, on garde Miller et le contrôle belge."
Mais la nuit est un vrai Waterloo pour les Belges : ils perdent le PDG et doivent accepter que les Français montent en force dans Dexia. Vers 6 h 30 du matin, donc, les Belges donnent leur accord : Miller et Richard sont virés. Ce sera sans appel. La négociation entre Belges et Français dure encore un peu. Certains autour de la table auraient voulu que, dans le communiqué final, on rende quand même hommage à Axel Miller. Refusé. Le moment est pathétique. Bye bye Miller.

La Bourse salue à sa manière le sauvetage de Dexia, dont l'action retrouve un peu d'air. Mais Dexia est toujours sans management. Et les Français veulent régler cela au plus vite. Yves Leterme et Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Finances belges, sont donc "convoqués" à l'Elysée. Les photos prises lors de cette rencontre montrent à quel point l'ambiance est assez glaciale. Sarkozy remet sur la table le problème du management. On sent bien que cela a été préparé à l'avance. Pour lui, même si les Belges ont toujours le contrôle, c'est un Français qui doit maintenant devenir PDG du groupe. Il ne doit pas aller chercher très loin : Pierre Mariani, son ancien chef de cabinet. Les Belges ne peuvent, ne savent ou ne veulent pas dire non.
"Sarkozy, raconte un homme présent à la table de l'Elysée, est vraiment tout-puissant. Et il aime le montrer."
Pendant la réunion, il réclame un cigare. Un huissier vient lui proposer une petite boîte de havanes. Il le renvoie et réclame la version maxi, une boîte avec des cigares de premier choix qu'il propose à ses hôtes. C'est lui qui dirige la réunion. Les autres font de la figuration. Lui, il n'a pas besoin de consulter dans tous les sens pour prendre une décision. C'est bien simple, quand Sarkozy est là, Fillon ne bouge pas. Fillon n'ouvre la bouche que pour respirer. Sarkozy fonctionne comme cela avec l'ensemble de son gouvernement.

Au Conseil européen de Bruxelles qui suivra, les 15 et 16 octobre, Sarkozy fera le même numéro : il s'est tourné vers Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, et lui a lancé, devant les collègues :
"Tiens, va me faire des photocopies…"

Donc voilà, Sarkozy impressionne les p'tits Belges. Si les Français font main basse sur le comité de direction de la banque, ils doivent, eux, trouver un président de conseil d'administration. Yves Leterme a préparé le terrain et propose Jean-Luc Dehaene. Ses collègues ne sont pas tous convaincus de la pertinence du choix. Mais, vu du côté belge, Dehaene permettra de rassurer les clients et les actionnaires institutionnels.



Lire aussi:
Sarkozy a bel et bien rencontré le dalaï-lama
Nicolas Sarkozy a finalement rencontré le leader tibétain à Gdansk, à l’occasion de la cérémonie du 25e anniversaire de la remise de son prix Nobel de la paix à Lech Walesa. Le président français a passé outre la colère des Chinois et leurs menaces de boycottage des produits français.
AG Fortis : Davignon accuse certains actionnaires
L’assemblée générale des actionnaires de Fortis de mardi a été orchestrée et manipulée par des organisations comme Deminor et le groupe d’actionnaires réuni autour de l’avocat Modrikamen. C’est ce que déclare Etienne Davignon, dont la candidature en tant que président du conseil d’administration de Fortis a été rejetée.
« Leurs hommes de main avaient repris les micros. La même histoire est sans cesse revenue sur le tapis : l’ancien conseil d’administration a commis des erreurs, Davignon est un camarade de l’ancien président Lippens et eux seuls peuvent représenter les petits actionnaires. C’était de la pure manipulation. Celui qui avait un autre avis n’a pas eu la possibilité de l’exprimer »


Sarkozy aux Français: «Yes you're fucked up»
83ème semaine de Sarkofrance pour Juan. Une semaine bien de droite — et pas des plus douces : criminalisation des enfants, paupérisation des plus modestes… Au final, le plan de relance financera les entreprises, et poussera les ménages à s'endetter encore plus.
Des millions de données bancaires au marché noir
Les coordonnées bancaires de 21 millions d'Allemands sont à vendre au marché noir pour 12 millions d'euros, un scandale qui survient alors que l'Allemagne a déjà été confrontée à plusieurs affaires de trafics de données.

vendredi 10 octobre 2008

Nous n'en sommes pas (encore) là

Deux poids, deux mesures:

Dexia Vs Fortis ... et les autres, aussi.

Mariani Vs Dehaene, deux gabarits très différents et deux modes de communication :
la prudence du SiouX pour l'un et le bulldozer Cat' au diesel bronchitique et hoquetant de l'autre qui fait des ravages. Mariani au regard effaré et subitement nerveux ne sait plus quelle langue de bois utiliser pour tempérer les déclarations à l'emporte-pièce du bull et hébété répète à propos d'une éventuelle situation sociale difficile à venir à la banque ou surtout dans le groupe:


"Nous n'en sommes pas encore là"


Pas encore, donc ?
Ou comment foirer sa communication quand on doit travailler avec/sous un gros lourd?

Et Joëlle sur Matin Première qui nous explique la vie économique et "le budget difficile et responsable" du gouvernement.


Lire aussi:
PME wallonnes : accès facile au crédit
Les dégâts collatéraux de la crise qui secoue le secteur bancaire toucheront indéniablement les petites et moyennes entreprises (PME) et les très petites entreprises (TPE). En effet, confrontées à des problèmes de liquidités, les banques ne leur accorderont plus aussi facilement des crédits et demanderont davantage de garanties avant de libérer les fonds.

Jean-Luc Dehaene se veut rassurant
Le nouveau patron belge de Dexia estime que le geste posé hier devrait ramener la confiance
"Les mesures prises par les gouvernements français, luxembourgeois et belge sont très rassurantes", expliquait hier le nouveau président du conseil d’administration de
Dexia, Jean-Luc Dehaene (CD&V). L’ancien Premier ministre CVP a rappelé que ces mesures étaient indispensables : "La veille, il y avait de gros problèmes après que de nombreux crédits eurent été retirés de la filiale luxembourgeoise de la banque franco-belge."

mardi 7 octobre 2008

Politisation au plus haut niveau

Jean-Luc Dehaene à la présidence du conseil d'administration du groupe et donc aux commandes de Dexia !

Après avoir fustigé la place prise par les Politiques dans la démultiplication des opérateurs économiques de droit public, le signal me semble assez mauvais.

Yves Leterme:
"M. Dehaene est "fier et content" de ce nouveau poste, et pas seulement parce que Dexia s'affiche sur le maillot des joueurs du Club de Bruges, dont il est un ardent supporteur"

L'époque Dehaene, c'est la Sabena, ABX ou encore ... Lernout & Hauspie dont il était "un ami de la maison". Il avait déclaré que "s'il avait de l'argent, c'est là qu'il l'investirait" .
Il devint aussi président du "trust" Sail qui devait implanter le concept des "Language Valley" dans une conquête des marchés mondiaux.

Egalement, sa vice-présidence de la Convention européenne n'avait pas laissé des traces indélébiles. Son poste actuel de Député européen n'est-il pas incompatible avec la fonction ?

Quel mauvais signal.

J'oubliais - je me demandais depuis la "démission" (départ d' Axel Miller posé comme condition au sauvetage de Dexia par la France, la Belgique et le Luxembourg, pour 6,4 milliards d'euros) qui allait reprendre le flabeau : quel hasard ....un ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, quand il était ministre du Budget au début des années 90.
Pierre Mariani était à la direction de la division services financiers et banque de détail à l'international chez BNP Paribas.

Pourquoi avait-on sorti Dehaene de sa boite ce WE dernier ?
Maintenant, on a une réponse ...
Concernant les "organes de contrôle" ... "il ne faut pas politiser la chose"


Président d'un conseil d'administration d'un groupe , n'est-ce pas aussi un organe de contrôle ?
Oui, mais peut-être juste chez Fortis, quand il y a du Hollandais dans l'air - avec les Français, c'est pas la même chose. Non, peut-être ?

Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani aux commandes de Dexia
Le groupe Dexia a confirmé mardi matin, dans un communiqué de presse, que son conseil d'administration a coopté Jean-Luc Dehaene, ancien Premier ministre belge, et Pierre Mariani, membre du comité exécutif de BNP Paribas, comme membres du conseil d'administration.