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jeudi 25 juin 2009

Régis Warmont, reloaded

Régis Warmont, répondait à nos questions il y a quelques semaines.
Après une campagne assez acharnée et une négociation en cours, nous lui avons demandé de commenter la situation actuelle ...

Régis, à la relecture de tes propos lors de cette interview, des choses ont-elles changé, évolué ?
Avec le peu de recul, certains de tes propos maintenant t'étonnent-ils déjà ou mériteraient d'être approfondis plus encore ?


Oui, quelque chose a changé. Suite à la campagne électorale intelligente d'Ecolo et spécifiquement de Jean-Michel Javaux au niveau de la région et d'Emily Hoyos au niveau namurois, j'ai réécouté ce que les écolos avaient à dire.
J'ai repris contact avec quelques contacts Ecolo, anciens de la FEF comme moi. J'ai suivi les congrès Ecolo grâce à Internet et j'ai écouté et débattu avec certains de leurs positions programmatiques.
Je me suis rendu compte que les "convergences de gauche" étaient bien mortes et que l’état major d’Ecolo n'était plus prêt à être un oiseau pour le chat PS wallon.
Je suis d'ailleurs convaincu dans mon fors intérieur que si le MR avait fait un meilleur score ou le PS un moins bon, Ecolo serait engagé dans les discussions pour une alliance "plurielle" en tant que pilier "défenseur de l’enseignement, de l’écologie et de la solidarité" de la potentielle majorité. La gauche Ecolo n'est pas une gauche clientéliste, mais c'est une gauche solidaire. C'est une gauche intelligente, pas une gauche de potentats locaux.
Je suis moins certain qu'avant qu'Ecolo ne pourrait pas simplement devenir au niveau régional ou fédéral ce parti du centre auquel j'aspire, un parti de bon sens, où les démunis sont aidés mais les profiteurs sont stigmatisés.
On verra comment ils survivent à la constitution des Oliviers, où le particratique et baronnique PS wallon essayera sans doute de conserver ses privilèges et de casser un concurrent direct dès que possible ...

Qu'est devenu Le Mouvement Démocrate (MD)?

Suite à diverses rencontres avec une personne dont la connaissance théorique de la politique est une passion et qui nous a donné de nombreux conseils intéressants, le mouvement partirait plutôt dans une direction différente. Le but ne serait plus d’être un Ecolo de droite (comme je le disais auparavant) mais bien un mouvement avec une philosophie propre qui se veut un mouvement participatif citoyen qui lui laisse la parole s’il s’engage à suivre certaines valeurs. Il ne voudra pas se faire le porteur de nombreuses idées qu’il ne domine pas mais bien de l’un ou l’autre sujet important.
Le principal problème rencontré pour l’instant est que le citoyen râle facilement mais pour le faire « se prendre en main », c’est plus compliqué.
L’enseignement sera le seul point en débat pour l’instant, influencé par ce qui sortira du futur accord de gouvernement et l’évolution qui s’en suivra.
De plus, je suis maintenant convaincu, suite à la campagne électorale qui vient de passer, qu’un nouveau parti n’a aucune chance à un niveau autre que local. Je pense donc que si notre mouvement doit grandir, il ne le fera que pour les élections communales.
C’est pour cela que dans nos actions, nous proposons également de faire le suivi politique de projets locaux portés directement par l’un ou l’autre citoyen via le site http://www.objectif2012.be/.

Les négociations sont actuellement en cours pour la constitution de majorité.L'option de l'olivier a été prise finalement en francophonie. Un commentaire, une analyse ?

Au départ, j’étais comme beaucoup, dégoûté par le fait que le particratique PS wallon puisse encore faire la loi dans la future majorité. Ensuite, j’ai écouté les arguments d’Ecolo et je me dis que les résultats des élections ne leur laissaient pas la possibilité de faire une majorité alternative, qui n’aurait pas eu une majorité des 2/3 au parlement pour y changer le règlement. Je pense également qu’il n’aurait pas non plus pu compter pour faire changer les pratiques politiques sur un MR qui reste une machine particratique au niveau local et qui est toujours en mode « agressif » et pas en mode « politique de projets positifs ».
Il me semble que l’avenir du MR se situe du côté Charles Michel et le libéralisme social prôné par son père depuis des années et plus du côté Didier Reynders qui a accepté d’engager la lutte « droite » vs « gauche » en pleine crise économique quand les gens ont peur de l’avenir. Maintenant, cela laisserait libre la place à la droite d’un MR recentré… endroit trop à droite où je ne me situe certainement pas.
Je pense que le paysage politique va encore changer et qu’un Ecolo pourrait devenir la force de changement qu’un MR n’a jamais réellement pu être, tiraillé entre son centrisme solidaire et son aile droitière.
Il faudrait pour cela qu’Ecolo attire des militants plus bigarrés et se recentre également un peu dans son positionnement, permettant de s’allier sur base de projets aussi bien avec des partis qui se disent de gauche que de droite.

D'autres remarques et/ou une conclusion ?

Une remarque : je trouve dommage que l’on fasse tout un foin du score monstrueux de Michel Daerden dans son fief clientélisé. S’il s’était présenté à l’Europe, on aurait jaugé de sa popularité ailleurs que là où il ventile l’argent du contribuable pour aider les gens sans discernement et où les méthodes pour faire de la politique sont parfois à la limite de la démagogie, du populisme, voire pire envers ses opposants locaux (cfr l’émission de la RTBF « questions à la une »). J’ose espérer que son score n’aurait pas été aussi impressionnant par exemple face à un Louis Michel. Dans le cas contraire, c’est à désespérer de tout… :-)

Pour conclure, je dirais que le chemin est encore long et que rendre un intérêt au citoyen lambda envers la politique n’est pas un travail facile…

Merci beaucoup Régis et à bientôt !

lundi 27 avril 2009

Régis Warmont, qui es-tu ?

Reprise des interviews, après cette petite pause pascale...

La Politique, ce sont pour la partie visible de l'iceberg des "Gros Bras" (ou des grandes gueules), mais ce sont aussi et surtout une foultitude de petites mains serviles, de gens engagés par/pour des valeurs, des croyances, des convictions, ... souvent mis sous pression, régulièrement manipulés, parfois intéressés, mais souvent passionnés.

Régis Warmont, un habitué de l'Agora, ex-membre de LiDé (ce fameux nouveau parti, injustement décrié, à mon sens et humble avis), où il a essayé de réunir les forces vives de la section namuroise ... et initiateur actuel du Mouvement Démocrate, nous répond aimablement:

Régis Warmont, qui es-tu ?

Un Ingénieur Civil en "management & computer science" de formation, compagnon d'une charmante femme et papa de 2 superbes petites filles et qui a toujours essayé d'œuvrer pour plus de bon sens dans la société civile ou dans sa vie professionnelle.
Je fus par le passé, pèle-mêle: membre du comité exécutif de la FEF à l'époque des grandes manifestations étudiantes, membre de Mensa, membre de comités sportifs dont le tennis club de Temploux, participant à la vie de mon village dont sa réputée brocante et visant à la meilleure éducation possible pour mes enfants, et ceux des autres, via une participation active au comité des parents de l'école de Temploux. Grand amateur d'interpellation de nos élus, je participe depuis des années à toutes les émissions de type "questions publiques" et aux débats où le citoyen peut s'exprimer...

Quels sont mes valeurs?
L'éthique, le respect de l'autre et surtout, le bon sens et l'ouverture d'esprit à la discussion... Je reconnais avoir ce que l'on appelle des valeurs "judéo-chrétiennes" de par mon éducation, bien qu'étant laïque. J'ai horreur des dogmes et des traditions "irrationnelles". J'exècre tous les extrémismes.

Mon activité politique est passée, présente et peut-être future.
J'ai touché à (presque) tout:Ecolo dans les années 90 et l'écologie politique jusqu'aux convergences de gauche; PRL/MR dans le cadre du libéralisme social et d'un "enseignement de qualité" sous Pierre Hazette avant l'accession du MR au pouvoir à la région;CdH quand ils se sont dit non catholiques et parlaient d'une tornade éthique en arrivant au pouvoir wallon. Je pense que chacun de ces trois partis a actuellement une certaine cohérence entre ce qu'ils défendent et leurs actions journalières.
Seul le PS est selon moi intellectuellement malhonnête et agit souvent à l'opposé des valeurs qu'il revendique: ministres personnellement enrichis, démocratie référendaire bafouée à Huy, redistribution d'argent par copinage plus que par vrais besoins dans les logements sociaux carolos ou dans l'accès à l'emploi public et surtout, mauvaise fois permanente de certains responsables, démagogie (faire payer la crise belge aux riches... quels riches?

Les ministres (PS)? les patrons de multinationales basées en Asie? etc.) et diabolisation de l'autre plutôt que mise en avant d'un vrai programme "de gauche". J'ai récemment également essayé de mettre toutes mes forces dans la création d'une section locale namuroise de LiDé mais les fondations du parti étaient trop fragiles et l'édifice s'est écroulé sous la pression d'une ruée aux élections et d'un mauvais accord avec le MR.

Actuellement, LiDé doit se reconstruire de zéro avec une image très négative (liens injustes avec l'extrême droite mais il restera toujours quelque chose de la rumeur et une image radicalement à droite). Mon pragmatisme et mon bon sens font que je préfère repartir de zéro avec un nouveau projet. Je ferai donc mon possible pour mettre en avant mon idée d'un "Ecolo (niveau démocratie, éthique et développement durable) de centre droite (laïcité, niveau d'excellence pour chacun selon ses capacités, esprit d'entreprendre, école où une certaine discipline expliquée et le respect qui va avec sont les premières étapes de tout, raison avant émotion dans les décisions)" à travers "le Mouvement Démocrate de Belgique" sur Namur, projet de deux ans qui espérons-le rendra goût à la politique pour certaines personnes qui ne se reconnaissent pas dans la politique actuelle et ne se sentent pas Ecolo, situé trop à gauche et partisan d'accords avec un PS particratique.

Personnellement, je pense que la chose la plus importante en politique, c'est focaliser sur l'enseignement (et l'éducation): revaloriser l'apprentissage de tous types et tout au cours de la vie, viser l'excellence pour chaque niveau personnel avec des rythmes différenciés et de la modularité et faire une véritable revalorisation de terrain de l'enseignement non purement intellectuel pour que la peur des écoles poubelles s'en aille et qu'une vraie mixité de bon sens (la proximité des écoles) prenne le relais.
Ce nouveau mouvement ne donnera peut-être rien, peut-être sera-t-il un jour prêt pour des élections locales, ou à un autre niveau... On verra bien, travaillons pas à pas et nous verrons où cela nous mènera.

La Belgique, je suis pour par pragmatisme car l'union fait la force dans tous les domaines et la diversité permet l'évolution. Le manque de dialogue et de connaissances mutuelles est tellement grand entre les communautés de ce pays que je ne suis néanmoins pas optimiste pour l'avenir.

La Francophonie, je suis pour par nostalgie de la culture enfantine de mon enfance et par facilité mais je pense que tout le monde devrait au moins avoir des bases dans une langue mondiale commune (malheureusement l'anglais dans les faits) afin d'avoir un minimum de communication possible partout.

Bruxelles est une ville très importante pour tout le monde en Belgique et il faut faire ce qui est nécessaire pour la conserver comme une ville capitale européenne mais elle m'intéresse peu d'un point de vue personnel: je suis un "provincial" dans l'âme et n'aime pas trop les "grandes villes". J'y ai habité un an pour me rapprocher de mon travail vu les encombrements du matin mais ne m'y suis jamais habitué et ne regrette pas d'en être reparti pour la province et la campagne namuroise.

En dehors de la politique?
Mon cocon temploutois et les bricolages constants à y faire, ma femme et mes filles, les amis très proches, la nostalgie de mon enfance des années 70/80 (http://www.generation80.be/), mon boulot,... Mais la sphère privée ne regarde que les "amis" proches, pas le reste du monde ;-)

Pour terminer, je voudrais ajouter qu'il n'y a qu'une maxime vraiment importante, que j'essaye d'appliquer chaque jour et qui dirige ma vie:
"La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être."
(H.Poincaré)



Lire aussi:
Aernoudt déjà damné… 20 mars 2009
À peine parti, et déjà peu regretté. Le 9 mars dernier, dans un courriel envoyé au sympathisants de LiDé, Régis Warmont, coordinateur namurois du parti mort-né, laissait aller sa prose assassine sur son déjà ex-mentor : « Je reconnais quelques erreurs en tant que communicateur et je sais que certains ne m’apprécient pas, surtout du côté de Dinant/Philippeville. (…) S’il y a bien une chose que je ne peux laisser passer, c’est une accusation de collution (sic) avec l’extrême droite. Les allégations de Mr Aernoudt en ce jour –candidat contre vents et marées à l’Europe et vraisemblablement futur fondateur de la LRA, Liste Rudy Aernoudt, liste radicale à la droite de la droite dirigée de main de maître par un seul chef qui prend toutes les décisions– me touchent au plus haut point ». On constate que les membres de LiDé sont passés à côté d’une cohésion exemplaire de leurs troupes…

Le mouvement LiDé a décidé vendredi en assemblée générale extraordinaire de ne se présenter qu'en Wallonie pour le prochain scrutin régional, abandonnant l'idée de composer une liste à Bruxelles et pour l'Europe.
"Le changement en Wallonie, c'est ce qui nous a réunis; nous n'allons pas nous perdre à Bruxelles et à l'Europe", a indiqué le porte-parole de LiDé, Erik Bruckmann, proposé président ad interim du mouvement. La présence de LiDé à Bruxelles a été l'une des pierres d'achoppement d'un rapprochement avec le MR, le FDF notamment la voyant d'un très mauvais oeil. Elle était également affaiblie par la personnalité controversée de son coordinateur Pascal de Roubaix. Quant à Rudy Aernoudt, co-fondateur démissionnaire de LiDé, le mouvement a décidé à l'unanimité sa révocation de ses mandats d'administrateur et de président, mais non de membre, et le proposera "formellement" à la tête de son bureau d'études


LiDé purge GPT
Règlement de compte entre (ex-?) extrémistes de droite à LiDé : Georges-Pierre Tonnelier (dit « GPT ») a été exclu du parti fondé par Aernoudt. Provenant du Front national, GPT y fut pendant près de 10 ans le domestique préféré des présidents Féret et autre Delacroix (dit gammée !). GPT sera ensuite sévèrement condamné pour racisme. Pour éviter d’autres condamnations, comme par enchantement, GPT s’est converti à l’antifascisme (en oubliant de dire qu’il a été exclu du FN et qu’il ne l’a donc pas quitté de son plein gré, une sérieuse différence) et s’est « démocratisé » en adhérant (sans succès) au MR, au FDF, puis à LiDé. Estimant son passé « politiquement irrécupérable » (sic), Pascal de Roubaix, le patron de LiDé dans la capitale, a purgé récemment GPT. En précisant : « Eric (Bruckmann, le nouveau chef du parti), LiDé et moi-même avons dépassé (…) les limites du raisonnable et de la patience en ce qui vous concerne. Je ne répondrai plus à vos messages ». GPT, un as du harcèlement, a alors directement menacé de dénoncer à « intervalles réguliers » (sic) le propre passé d’extrême droite de de Roubaix.