"En terme de responsabilité, en particulier à Srebrenica, la sienne est accablante. Il en est l’instigateur", estime Arnaud Danjean, ancien conseiller pour les Balkans au ministère français des Affaires étrangères. "Elle l’est aussi pour ce qu’elle révèle de complicité et de compromission de l’appareil d’Etat serbe".
Mladic naît en 1942 et il a deux ans quand son père, un résistant communiste, est exécuté par des militants croates à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Mladic entre dans l’armée de la République fédérale communiste de Yougoslavie et fait carrière.
Au début des années 1990, il est affecté à la garnison de Knin, où ont lieu les premiers assauts des Serbes de Croatie contre la Fédération yougoslave. Après le cessez-le-feu de 1992, il est affecté au commandement de l’armée serbe bosniaque.
A partir de 1993-94, l’emprise de Mladic sur la République serbe de Bosnie-Herzégovine augmente. "Il se sent plus légitime que Karadzic qui est progressivement lâché par Belgrade", explique Arnaud Danjean. "La population sait que Karadzic a abusé de sa position pour faire de l’argent alors que Mladic, c’est la pureté militaire. Il prend des risques."
"Son attitude répond moins à des convictions que celle de Karadzic qu’à des stratégie parfois opposées", ajoute J-A Dérens. "Karadzic est un intellectuel déclassé qui s’intègre dans des réseaux nationalistes minoritaires à l’époque de la Yougoslavie. A l’inverse, Mladic est un officier de l’armée yougoslave parfaitement intégré dans des réseaux puissants."
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