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mardi 5 mai 2009

Sondages ?

L'enseignement est la priorité numéro un des Wallons et des Bruxellois

C'est ce que montre un sondage réalisé par le Cevipol de l'ULB (pour le compte du journal pour Le Soir et de la RTBF) dont je disais déjà beaucoup de bien dans l'articulet: "L'Inusop n'est pas mort ..." .

NB: Ce sera l'occasion de le répéter lors du chat "avec le politologue Pascal Delwit (Cevipol – ULB) ce mercredi de 12 à 13 heures"

Bordel, fallait-il vraiment un sondage pour dépatouiller cette évidence ?
Il est même précisé: L'enseignement est la priorité numéro un des Wallons et des Bruxellois ... "pour les prochaines élections" (et après plus, alors et "avant", jamais ?!?)


On peut mettre le sujet en relation avec les récentes déclarations d'Elio Di Rupo (lors du chat de débriefing de l'émission "Répondez à la Question!") qui ne manque vraiment pas d'air, à défaut de culot fanfaron et mensonger:

15h22 Elio Di Rupo: à himself : c'est juste le contraire d'une catastrophe.
Jamais notre enseignement n'a fait un bond en avant aussi important même si certains ne retiennent que des éléments négatifs.


15h45 Elio Di Rupo: à Léon : je vous remercie de votre témoignage. Je pense que les objectifs poursuivis par la communauté française sont louables mais manifestement les concepteurs de la mesure ont sous estimé l'ampleur des difficultés. Sous la prochaine législature, nous devrions tirer les leçons de ce qui s'est passé. Je préconise dès la rentrée de septembre une conférence de plusieurs jours mettant autour de la table des représentants des familles, des enseignants et les PO (pouvoirs organisateurs) pour trouver une autre méthode plus appropriée.

15h42 Elio Di Rupo: à Aurélie : ce serait avec le plus grand plaisir que je passerais une journée avec les enseignants. Pour avoir été ministre de l'éducation, j'en connais toutes les difficultés. Je continuerai à me battre pour valoriser leur statut mais il ne faut pas être hypocrite. Un enseignant est financé par les deniers de l'Etat et ce n'est pas en vidant les caisses de l'Etat qu'on va mieux les rémunérer.


NB: Juste pour mémoire, et cibler quelque peu, sur les 100.000 chômeurs bruxellois, 90% ne connaissent pas le néerlandais (pourtant obligatoire à Bruxelles dans l'enseignement francophone) , mais pire: 3/4 ne possèdent pas de diplôme de fin de cycle du secondaire.
Je ne pense pas que cela a été jamais pire; si cela, ce n'est pas une catastrophe et une véritable bombe ?!?
Comble du cynisme, Elio Di Rupo réclame à nouveau le ministère de l'enseignement. (le ?)

Et ceci:
Une enquête réalisée Vekmo, spécialiste en matière d’environnement, d’hygiène alimentaire, d’ergonomie et de sécurité, au sein de plusieurs dizaines d’établissements scolaires en communauté française le démontre: la qualité de vie est loin d’être au top.


Dans le même genre de couillonnades électoralistes, faut-il relever le sondage commandé par le ministre Daerden concernant l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays:


"Les résultats d’un sondage d’opinion peu ordinaire viennent de paraître. Réalisé par IPSOS pour le compte du Service Public de Wallonie (SPW) sur une idée originelle – et originale – du Ministre Daerden, ce sondage avait pour but de déterminer la « popularité » du projet de liaison autoroutière A 605 dite CHB (Cerexhe-Heuseux-Beaufays) à l’est de Liège. Résultat des courses : 82% des personnes interrogées trouvent ce projet "utile".
Reste à savoir quel enseignement tirer de ces résultats tant la méthode appliquée paraît biaiser les enjeux et les réponses."




Lire aussi:
République sondagière
Chère lectrice, cher lecteur, ceci est le 400 ème post publié sur Périscope. Inutile de souhaiter bon anniversaire ; attendons le millième pour faire la fête.
En revanche, l’occasion est trop belle de parler chiffres, en ce jour où les chiffres font l’actualité de manière incessante et font même - hé oui! - les politiques publiques. Les chiffres font les politiques publiques! Ce n’est pas une boutade, c’est un fait avéré, que Michel Daerden confirme avec un panache flamboyant en commanditant un sondage sur l’opinion publique relative à la construction de l’autoroute “CHB”. Les opposants
y voient une “manoeuvre” (de ce côté aussi, le terme est “manoeuvre” est employé).
Au-delà de tout aspect instrumental (manipulation d’un sondage à des fins électorales ou en guise de justification d’une politique entreprise), la nature même du sondage comme instrument de politique publique pose question.


Un sondage pour rien
Les résultats du sondage commandé par le ministre Daerden concernant l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays, à présent connus, n’ont guère surpris que ceux qui veulent bien faire semblant de l’être. Ils confirment les préventions que nous avons exprimées dès l’annonce de ce sondage


La démocratie selon M. Daerden : le sondage d’opinion au lieu du débat public
En confirmant son intention, déjà annoncée au printemps dernier, de faire réaliser un sondage d’opinion concernant l’autoroute Cerexhe-Heuseux/Beaufays (CHB), envisagée à l’Est de Liège, entre la E40 et la E25, le ministre Michel Daerden montre à quel point il est aux abois : incapable d’emporter l’adhésion sur le projet qu’il défend depuis des années, il s’en remet au sondage d’opinion, auquel il fera dire ce qu’il veut. Aveu de faiblesse ou manœuvre pré-électorale ?

Daerden vous sonde sur CHB: électoraliste?
Manœuvre électoraliste de Michel Daerden, dit Bernard Wesphael.
Le ministre Daerden a commandé un sondage pour savoir ce que pensait l’opinion publique du projet CHB, qui vise à terminer le ring autoroutier de Liège. Une manœuvre électoraliste, juge l’Ecolo Bernard Wesphael. Qui réclame une sanction.
Peut-être êtes-vous parmi les 1500 Liégeois à avoir été contactés par l’institut de sondage IPSOS afin de connaître votre avis sur le projet de liaison autoroutière entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays?

Matin Première: un face-à-face Wallonie-Bruxelles
Ce mardi 5 mai, le quotidien Le Soir publie (en partenariat avec la RTBF) le résultat d'un sondage qui tente de répondre à ces questions. Un "face-à-face" Wallonie-Bruxelles, en quelque sorte, que Bertrand Henne propose aussi avec ses invités: Jules Gheude, fondateur des Etats généraux de Wallonie, et Alain Deneef, coordinateur des Etats généraux de Bruxelles.

Tripatouiller les statistiques, la sale manie du gouvernement
Bloquer les études qui dérangent, ne retenir que les données favorables, changer de thermomètre quand la fièvre monte : des professionnels des chiffres dénoncent les dérives, toujours plus graves, du pouvoir.
Ils sont arrivés au rendez-vous discrètement, d’épais dossiers sous le bras, l’air décidé de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Dans un café anonyme de Montparnasse, une poignée de statisticiens de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l’Education nationale ont décidé de tout déballer : le stress, la pression du cabinet et surtout la censure dont ils estiment faire les frais. En tant que service ministériel de statistique, la Depp a pour mission de réaliser des études, normalement rendues publiques, sur des sujets aussi variés que la scolarisation des enfants handicapés ou l’absentéisme dans les classes. “Montre-lui la liste des études qui n’ont pas été publiées”, lance l’un d’entre eux. Une bonne quinzaine au total. Vérification faite sur le site Internet du ministère : à la mi-avril, aucune note d’information n’avait été mise en ligne depuis décembre 2008. Le robinet avait déjà commencé à se fermer l’an passé avec la publication de 39 notes seulement sur douze mois, contre 51 en 2007. “Comment nourrir le débat public si plus rien ne sort ?” interroge amèrement une des statisticiennes, à la Depp depuis une dizaine d’années. “L’information chiffrée est verrouillée rue de Grenelle. Mais c’est le cas aussi à Bercy, aux ministères du Travail, de la Santé ou de la Justice”, affirme un autre.

mercredi 29 avril 2009

L'Inusop n'est pas mort ...

"Le président Di Rupo est bien perçu", nous annonce un article scandaleux du journal Le Soir à propos d'un "sondage" organisé par le CEVIPOL, dont -sauf erreur- fait encore partie Paul Magnette et dont Pascal Delwit est loin de démontrer une indépendance réelle.

David Coppi, le rédacteur de cet article est lui-même un ancien du Bld de L'Empereur et semble-t-il un ancien membre du Cabinet de Philippe Busquin.

Un véritable Gomorrhe incestueux de la désinformation.

L'Inusop était l'institut de sondage, proche de l'ULB, dans les années 80, dont tout le monde se souvient de la saga qui avait défrayé les Unes à la mi 1996. Le procès visait en réalité des conventions qui avaient été passées par certains socialistes francophones avec l'institut.
La justice leur reprochait des préventions de faux, d'usage de faux, d'escroquerie, d'abus de confiance et de corruption.

Dans ce cas et à l'heure où Falidila Laanan désire favoriser "la presse d'investigation", nous avons affaire à de l'abus de confiance moral et de la corruption intellectuelle.

Lire aussi:
La politique en test…
Je viens d’effectuer moi-même le test mis en ligne par RTL. Elaboré en collaboration avec le Cevipol, il est censé déterminer votre proximité idéologique avec les partis politiques francophones. D’autres sur la blogosphère ont écrit sur les limites de l’exercice, mais il reste amusant de se prêter au jeu.
Pour faire ce test, les partis politiques ont collaborés avec le Professeur Delwit pour indiquer la réponse « officielle » pour chaque question, se basant sur leur programme électoral. Je n’ai pas participé à ce travail là ; je me suis par contre, bien évidemment, fort investi personnellement dans l’élaboration du programme du PS. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’en parler sur ce blog.


Aide à la presse: à vot' bon coeur...
Fadila Laanan, ministre de la Culture, va donc créer un fonds pour le journalisme de qualité. Plus exactement, “une enveloppe budgétaire qui sera consacrée à la mise en place d’un instrument d’aide indépendant destiné à soutenir le journalisme d’investigation” (re-sic).Deux cent cinquante mille boules pour commencer, qui seront saucissonnées en subventions aux éditeurs nécessiteux, en vue de leur permettre de financer des projets que, sans cela, ils n’auraient pas les moyens de mettre en oeuvre.

lundi 17 mars 2008

Les analyses de Vincent de Coorebyter

L'excellent analyste était présent sur Matin première:

Monsieur,
Permettez-moi de vous transmettre mon plus profond respect, car vous comptez à mes yeux pour le plus fin analyste politique de ce pays.
Deux questions: le Centre d'étude de la vie politique (CEVIPOL) de l’ULB a-t-il encore une once de crédibilité, quand on connaît ses liens très forts avec le monde politique, voire du pouvoir ?


Mais où est donc la deuxième question ... ?

Extrait de l'interview:
"JPJA : Avec un Jean-Marie Dedecker qui est dans le trio de tête du baromètre de la « Libre Belgique » aujourd'hui. Un Gouvernement quand même, tout à fait particulier. Laurette Onkelinx parlait, lors de l'alliage, avec les Libéraux, simplement d'un Gouvernement contre nature. Ici, on se trouve réellement dans un Gouvernement d'adversaires… c'est-à-dire le mot qu'ils utilisent régulièrement. Ils sont adversaires pour une coalition ?

- Je pense que la clef c'est que ce Gouvernement a une composition qui est une composition de contrainte, qui est une composition dont plusieurs partis importants, ne voulaient pas. Au lendemain des élections, la donne la plus évidente c'était : on va profiter du résultat des élections, pour gouverner sans les Socialistes. Alors, qu'on s'imaginait au contraire qu'il pourrait se mettre en place, un Gouvernement Orange-rouge, très rapidement, y compris, au CD&V, on a pris l'option en faveur de l'Orange-bleue et ont d'ailleurs eu pendant des mois, des négociations très difficiles, très chaotiques, dans l'Orange-bleue, dit et répété qu'il n'y avait pas d'alternative sérieuse, qu'il fallait gouverner avec ces quatre-là. On gouverne malgré tout avec les Socialistes qui ont perdu les élections, qui sont assez fortement diabolisés en Flandre. Il faut se rappeler que la NV-A avait fait sa campagne électorale sur ce thème-là…

JPJA : Le nœud papillon d'Elio Di Rupo… comme un danger...

- Si vous ne voulez plus du PS, vous votez NV-A. Il faut quand même gouverner avec les Socialistes. C'est un premier motif, qui consiste à considérer ses partenaires, en réalité, comme un adversaire. D'autant qu'on fait l'analyse, en autre du côté de l'Open-VLD, selon lequel, sa chute électorale est liée à cette coalition trop longue avec les Socialistes, sous la violette. Et que la perte du VLD, aux alentours de 5%, correspond à peu de chose près et est même un tout petit peu inférieure à la Liste Dedecker : 6,5% en Flandre… C'est-à-dire une poussée vers la Droite. Mais il y a aussi, je crois, le souvenir de l'Orange-bleue. Et le malentendu en quelque sorte, qu'a présidé à cette formule de Gouvernement, je pense qu'on s'est convaincu du côté des deux partis libéraux et du côté du cartel CD&V-NV-A, qu'on allait gouverné au Centre Droit. C'était le sens global de l'élection. Il y avait une poussée forte à Droite en Flandre et il y avait cette victoire spectaculaire du MR sur le PS, en Wallonie, première fois que les Libéraux étaient premiers en Wallonie-même. On a cru qu'on gouvernerait au Centre Droit, voire à Droite dans certains domaines, avec un CDh prenant des positions inattendues. Cela a été très difficile, en définitive, impossible, parce que les questions institutionnelles et linguistiques s'y sont ajoutées. Il y a une sorte de dépit amoureux à l'égard d CDh et vous remarquerez avec quelle constance, aussi bien l'Open-VLD continue à dénoncer le CDh comme le PS, maintenant, le taxait de gauchiste et avec quelle constance, Didier Reynders parle du cartel PS-CDh

JPJA : Est-ce qu'on peut suivre Didier Reynders dans ce sentiment qu'il donne… que quelque part on est en train de trahir sa victoire et de trahir peut-être l'élection, en faisant revenir le Parti socialiste qui a été battu aux élections. Parti socialiste qui dit et qui rappelle bien, que le MR a aussi perdu…
- Le MR a perdu en sièges, mais il n'a pas perdu en voix. Au contraire, il a progressé en voix. L'Open-Vld, lui par contre a fortement diminué. Il est clair que le sentiment MR… c'est qu'on lui a volé sa victoire en le contraignant à gouverner au centre et dans un certain nombre de matière à devoir se relancer dans les bras-de-fer, notamment, pour une réforme fiscale, avec ces partis du Centre, du Centre Gauche, qui n'ont pas la même vision des équilibres globaux entre le fiscal et le social et quant à la manière d'opérer cette réforme fiscale et je prends cet exemple parmi d'autres… il y a aussi la perspective des élections d de 2009. Il semble quand même assez clair que le quasi échec du CDh, en Wallonie, au 10 juin 2007… il n'a progressé que d'un demi pourcent alors qu'il pouvait espérer un peu plus… est sans doute lié à la façon dont le MR est parvenu à créer dans les esprits… l'idée : le CDh est scotché, comme on disait à l'époque au PS et notamment englué, lui aussi, dans une mauvaise gestion de Charleroi…

JPJA : Ca a changé depuis ?

- …et je pense que le MR essaye de rester sur cette ligne en disant : au fond, vous avez un bloc qui est au Centre Gauche « PS-CDh ». Si vous voulez une véritable alternance, un véritable changement, il faut voter MR et éventuellement pourquoi pas entre eux, vous votez aussi Ecolo. Ils ne sont qu'à un siège de majorité au total, à la Chambre… MR-Ecolo… On n'est pas très, très loin d'une majorité absolue qui pourrait éventuellement se profiler à la Région wallonne, ou alors l'idée qu'à force de dénoncer le cartel, dans le langage du MR… MR, c'est PS-CDh… le MR commence à créer une inquiétude dans l'aide plus à droite, plus libérale ou plus conservatrice, du CDh et lui donne l'envie de rectifier en quelque sorte, la ligne et de la faire pencher autrement ou de dénouer l'alliance avec le PS, à l'approche des élections."