samedi 10 janvier 2009

Ethique, équité et l'égalité

La Francophonie, un univers disions-nous ... Le Soir sort un dossier "explosif" à la tronche du landerneau politique de la Communauté française, suite à une enquête difficile, parsemée de menaces et de pressions ... à propos de Jean-Denis Lejeune et de ses privilèges contestés.

Il est soupçonné d'avoir bénéficié, grâce à son aura et à la confiance de partis politiques, d'avantages auxquels son statut ne lui donnait pas droit.

Quelques éléments:

- Acte I, Au service de « Claude », le Délégué - Tout commence au cours de l’été 2005.
Jean-Denis Lejeune, est alors « attaché de direction » de Child Focus, le Centre européen pour enfants disparus. Il est en conflit ouvert avec la nouvelle direction et envisage de quitter la fondation. « Je voulais claquer la porte, sans savoir ce qu’il y avait derrière, nous assure l’intéressé. J’en ai parlé à Claude Lelièvre, qui est un ami de longue date et un homme d’expérience, qui m’a alors conseillé d’attendre 24 heures. Le lendemain, il venait avec une proposition. » Devenir « chargé de communication et de projets » pour la Délégation.


- Acte II, Un contrat irrégulier, mais soutenu par le PS-CDH
Mais Jean-Denis Lejeune n’arrive pas sans prétentions. « Je ne voulais pas perdre les conditions que j’avais chez Child Focus, confie-t-il au Soir, et puis j’allais sur mes 50 ans avec dix ans d’ancienneté comme carrossier à la Ville de Liège. » Alors il négocie. Directement avec le cabinet Eerdekens, alors ministre de la Fonction publique (PS), qui signera seul son contrat de travail le 24 septembre 2005.
Un contrat qui interpelle : l’intéressé est engagé en niveau 1, alors qu’il n’est pas universitaire. Il bénéficie par ailleurs d’une rémunération fixée dans l’échelle barémique 120/3 (rang 12). C’est un statut de fonctionnaire élevé – seuls 167 des quelque 5.500 agents en bénéficient au ministère de la Communauté française. En outre, il n’occupe pas un poste à responsabilité à la DGDE.

Mais, plus surprenant, aucun de ces avantages en nature ne figure dans le contrat de travail de Jean-Denis Lejeune ni même dans la décision du gouvernement du 25 août 2005. Deuxième fait troublant. « Il a négocié avec Eerdekens et le cabinet, l’administration a exécuté, point », analyse un proche du dossier. Ce que confirme l’intéressé.

Un contrat irrégulier ?

Le 19 août, soit six jours avant que le gouvernement n’entérine ce recrutement, l’Inspection des finances envoie son rapport – négatif – au ministre Eerdekens (PS), avec copie à M. Ingberg, ainsi qu’à M. Samyn, directeur général du ministère. « Vu les niveaux et barèmes proposés, l’avis de principe de l’Inspection des finances sera négatif, mais elle reconnaîtra que, contrairement à des dossiers précédents, le présent cas est particulier et pourrait éventuellement justifier d’une exception, à décider par le gouvernement. »
Six jours plus tard, l’exécutif PS-CDH décide donc de faire « exception » pour Jean-Denis Lejeune. Au PS, on est formel : « Il y avait consensus gouvernemental. » Au CDH on conteste : « Il y avait malaise. Nos deux ministres (Simonet et Fonck) étaient contre l’idée, pas la personnalité. » Quoi qu’il en soit, ce dossier, très sensible, est remonté jusqu’à la présidence des deux partis (Di Rupo, Milquet). Qui a tranché… Ainsi, le 24 septembre 2005, Jean-Denis Lejeune rejoint l’équipe de Lelièvre : une quinzaine de personnes (juristes, criminologues…), installée au centre de Bruxelles, dont la mission est « la sauvegarde des droits et des intérêts de l’enfant ».


... la suite de ce dossier Wallonistanais dans le journal Le Soir.


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3 commentaires:

Jean-Luc a dit…

Pour remonter dans le passé, il faut également se souvenir que pour cadeau de mariage, le Ministre Van Cau avait promu sa fille au rang de directice engagée (sans examen, large procédure de la Comédie française).
Jean-Denis Lejeune n'est pas une exception au sein de cette magouille institutionnalisée, les chargés de mission (ces derniers temps, présidents de CPAS).
Jean-Denis voulait garder son leasing de l'Audi attribué par Child Focus, une autre voiture lui était proposée, rien n'y fit.
Et son traitement, à faire pâlir tout fonctionnaire lauéat des examens du Sélor et de ses promotions ratées.
Quelle éthique pour un PS vermoulu et un CDH tout autant!

Jean-Luc a dit…

J'ignorais votre existence, quand j'avais 18 ans, je me suis affilié au PS et ma vie a été- naïvement- de croire à cette manipulation intellectuelle.
Merci, que votre audience puisse s'élargir

himself a dit…

@ Jean-Luc

Merci pour ces commentaires.
Qqes précisions éventuelles:

"pour cadeau de mariage, le Ministre Van Cau avait promu sa fille au rang de directice "

Pourriez-vous nous en dire plus, avec éventuellement des références ?

Je n'ai pas repris les histoires d'autos (tellement classiques !) les détails se trouvent sur Le Soir et d'autres.

Vous avez raison, le sort réservé à certains est inique.

A bientôt.