Paradoxe, de laurent Joffrin de Libé
La crise a montré la faillite d’un certain libéralisme. Mais ce sont les libéraux qui gagnent les élections. Voilà le paradoxe allemand qu’il faut chercher à éclaircir. Les sociaux-démocrates ont connu dans ce scrutin leur plus bas score depuis la guerre. Du coup, «super Merkel» s’allie avec un FDP adepte du marché triomphant, pour mener une politique certes pragmatique, mais en tout état de cause plus libérale qu’auparavant. Jean-Luc Mélenchon salue avec son habituelle tonitruance la performance de Die Linke, cette gauche radicale qu’il rêve de décalquer en France. Il n’a pas tort. Un SPD plombé par sa cohabitation avec la droite a laissé grand ouvert un large espace à sa gauche. Mais notre «apprenti Lafontaine» oublie aussi de dire que 12,5 % ne font pas une majorité. Pour bloquer le libéralisme, en Allemagne comme ailleurs, il faut une gauche unie et crédible, capable de battre une droite qui sait fort bien, à Paris comme à Berlin, amender sa politique pour empiéter au centre. Tout le reste est littérature. La social-démocratie allemande n’a pas su se renouveler et ses hommes sont usés par un trop long accommodement avec l’ordre des choses. Aussi bien, gauche critique et gauche de gouvernement ont été incapables de trouver la voie du dialogue, à tel point que, même si SPD et Die Linke avaient réuni une majorité avec les Verts, ils auraient été incapables de gouverner, faute de s’entendre. Manque d’audace, usure gestionnaire, division profonde et invectives réciproques : pour la gauche en France et en Allemagne, le Rhin n’est plus une frontière.
Le défi des Bleus : définir le libéralisme de l’après-crise
Le temps paraît bien morose au Pays des Rêves bleus. Il ne s’agit pas ici de compter une mésaventure de l’ourson Winnie, cher aux enfants en bas âge. Non, le constat s’applique à l’humeur en vogue au sein de la famille libérale du nord comme du sud du pays. Tandis que le MR tâtonne, cherchant une posture moins conflictuelle que par le passé sans pour autant déboulonner son président-ministre (et dans l’attente d’un Printemps du renouveau), le VLD s’apprête à plancher durant deux jours sur son repositionnement. Et sur le nom de son futur chef de fileTwitter side:
@CharlesBricman se demande ce qui manque le plus à certains "éditorialistes": savoir écrire ou avoir appris à penser ?
matthiou @Phineas_Barnum pour ne plus être taggé spammeur ôtez vos œillères. Qques doigts pointés sur les Bleus aussi et tout ira mieux.
Lire aussi:
Le commerce équitable a la cote
En dépit de la crise économique, la vente de produits du commerce équitable reste en augmentation. Au cours de la première moitié de l'année, 20 pc de produits équitables en plus ont été vendus par rapport à l'année dernière, selon des chiffres de la marque Max Havelaar repris dans la presse flamande lundi.
Jean-Mi rit Didier gît, de Francis Van de Woestyne
Une remarque préalable, tout d'abord. Toujours la même. Mais à l'heure où certains confondent "prévenus" et "coupables", les mots ont un sens... Donc, ce sondage, même très professionnel, n'est que la photographie de l'opinion. Pas la vérité. On analyse des tendances. Deux.
La première. Les verts, dans leur nouveau costume, bénéficient d'un état de grâce durable. Jean-Michel Javaux sera bientôt l'idole des Wallons. Sont-ils servis, les verts, par cette ambiance générale écolo-bio-bobo qui crédibilise leur discours ? Sans doute. On peut aussi reconnaître qu'ils ont eu raison, avant les autres, d'attirer l'attention sur la destruction systématique des ressources terrestres. Aujourd'hui plus personne ne conteste cette vitale nécessité. Quand ils ont commencé leur combat, on leur a ri au nez. On les a pris pour des zozos. Reste que dans les solutions qu'ils préconisent, il y a parfois des simplismes, des contradictions, voire des hérésies. Exemple : taxer les voitures en fonction des kilomètres parcourus ? Tant qu'il n'y a pas de véritable alternative, notamment dans les zones éloignées, cette proposition est anti-sociale, anti-rurale.
Deuxième leçon de ce sondage. Didier Reynders. Posera-t-on bientôt la question : Didier qui ? Le danger, pour le MR, est qu'il devienne un handicap pour un parti qu'il avait conduit au sommet. Peut-il se ressaisir ? Oui. Le problème est que, même avec un ton plus mesuré, plus feutré, plus consensuel, Didier R. perd la confiance des électeurs. Le mal semble fait. Et l'électeur a de la mémoire.