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vendredi 26 juin 2009

130.000 actions pour 2,4 millions d'euros

Brève: Didier Bellens, l'administrateur délégué de Belgacom proposé par le PS, a acheté au début de cette semaine près de 130.000 actions du groupe pour 2,4 millions d'euros.
Didier Bellens a déboursé 2,41 millions d'euros pour 127.362 actions soit 18,93 euros pas action, soit bien en-dessous du cours de l'action Belgacom ce jour-là qui avait ouvert à 22 euros pour clôturer à 21,95 euros.



Lire aussi:
Les cartes de crédit restent au sol
Enquête pour délit d'initié contre Didier Bellens
Le patron de Belgacom Didier Bellens est soupçonné de délit d'initié dans le cadre d'un dossier initié il y a plusieurs années.

samedi 30 mai 2009

Une dette vis-à-vis de Di Rupo ?

Didier Bellens vient de nommer une nouvelle porte-parole pour remplacer Ingvild Van Lysebetten. Son nom? Florence Coppenolle qui fut le visage du Parti Socialiste pendant plus de 8 ans. Didier Bellens a-t-il une dette vis-à-vis de Di Rupo, qui l'a soutenu sans réserve pour prolonger son mandat à la tête de Belgacom... ?

On suppose que maintenant les prix de chez Belgacom vont enfin se démocratiser

Décidément, cela ne tourne pas rond au niveau de la communication chez Belgacom. Moins d'un an et demi après avoir brutalement remercié son précédent porte-parole Thierry Bouckaert, Didier Bellens vient à nouveau de se séparer de sa responsable de la communication. Ingvild Van Lysebetten, qui avait succédé à Thierry Bouckaert après avoir occupé le poste de «investor relations», vient en effet de « réorienter sa carrière » en dehors de Belgacom, comme elle l'a annoncé, gorge nouée, hier à son équipe. Didier Bellens lui reproche surtout de ne pas l'avoir suffisamment défendu en interne lors de sa difficile campagne de reconduction à la tête de l'entreprise durant l'été 2008. Il semble, par ailleurs, qu'elle n'était plus en odeur de sainteté auprès de Concetta Fagard, la toute-puissante «executive advisor» de Bellens.


Lire aussi:
Florence Coppenolle parlera pour Belgacom

http://www.leblogdeflo.be/

mercredi 27 mai 2009

Proximus, amende record

Brève: Le Conseil de la concurrence a condamné Proximus, la filiale de téléphonie mobile de Belgacom, au paiement d'une amende de 66,3 millions d'euros pour abus de position dominante. Il s'agit de loin de l'amende la plus élevée jamais infligée par l'autorité de concurrence belge.

Cela se réveille un peu. A quand l'attaque du marché de l'Internet et de la télédistribution ?


Lire aussi:
Concurrence: l'UE inflige à Intel une amende record de 1,06 milliard d'euros
La Commission européenne a infligé mercredi une amende record de 1,06 milliard d'euros au numéro un mondial des microprocesseurs, l'américain Intel, pour abus de position dominante.
Le précédent record toutes catégories était détenu par le géant des logiciels américain Microsoft, qui avait écopé l'an dernier d'une amende de 899 millions d'euros pour manque de coopération suite à une condamnation pour abus de position dominante. Un recours judiciaire du groupe est toujours en cours.
L'ardoise totale de Microsoft, dans le collimateur des services européens de la concurrence depuis des années, se monte toutefois à 1,676 milliard d'euros, et pourrait encore augmenter dans le cadre d'enquêtes encore inachevées.
L'amende infligée à Intel représente 4,15% de son chiffre d'affaires annuel, alors que le droit autorise Bruxelles à aller jusqu'à 10%.
"Intel a causé du tort à des millions de consommateurs européen en cherchant délibérément à exclure les concurrents du marché des puces informatiques pendant des années. Une infraction aussi grave et d'une telle durée ne peut être tolérée", s'est justifiée la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes.
Concrètement, Bruxelles reproche à Intel d'avoir profité entre octobre 2002 et décembre 2007 de sa position dominante sur le marché des processeurs pour micro-ordinateurs (x86) pour en écarter ses concurrents.
Ce marché représente 22 milliards d'euros par an au niveau mondial, dont environ 30% en Europe. Sur la période considérée, Intel y avait une part de marché d'environ 70%.


Les opérateurs fâchent toujours plus
Encore un record pour le Service de médiation pour les télécommunications : il a reçu, l’an passé, la bagatelle de 23 829 plaintes écrites, soit 1 364 de plus qu’en 2007, qui était jusqu’ici l’année des sommets... Cela fait une moyenne de quatre plaintes supplémentaires par jour.

mercredi 25 mars 2009

M. Bellens a gagné 2,86 millions en 2008

Brève: En 2008, le patron de Belgacom, Didier Bellens, a gagné très exactement 2.862.691 euros brut, selon le rapport de gestion de l'entreprise publique.


Lire aussi:
RFI : Christine Ockrent touche 310.000 euros par an, selon les syndicats
Ça balance à Radio France International, où le climat social est épouvantable depuis l'annonce d'un plan social qui devrait conduire à la suppression de 206 emplois.

mardi 17 mars 2009

40 % dans Tunz

Brève: Belgacom a acquis une participation de 40 % dans la société belge Tunz, spécialisée dans les paiements mobiles.


Lire aussi:
De Boeck: "Une OPA de Ping An? C'est possible"
La convention entre l'assureur chinois et Fortis Holding a expiré vendredi dernier. Plus rien ne s'oppose désormais à ce que Ping An augmente sa participation dans Fortis. Le fera-t-il ?

Numéros surtaxés, opérateurs mobiles épinglés
Sale temps pour les opérateurs de téléphonie mobile. Depuis le début de l'année, ils ont dû affronter le débat virulent sur les conséquences sanitaires des antennes-relais et payer une amende conséquente pour entente illégale... Toujours dans le rôle du méchant, les voici maintenant interpellés par le ministre du Budget Éric Woerth et le secrétaire d'État à la Consommation Luc Chatel sur la question des numéros spéciaux. Question douloureuse, comme la facture que reçoivent chaque mois des centaines de milliers d'abonnés ayant utilisé ces numéros aux tarifs pour le moins obscurs pour le consommateur.

lundi 16 février 2009

Belgacom Invest lux

Brève: Belgacom a perdu le recours qu'il avait introduit auprès du fisc à propos de sa filiale luxembourgeoise Belgacom Invest. Le groupe belge de télécoms doit verser une centaine de millions d'euros d'impôts à l'Etat belge.

dimanche 7 septembre 2008

'Lot Koekelberg bezegeld'

Brève: De vakbond NSPV zegt dat de rapporten van het Comité P over Fernand Koekelberg - die in opspraak kwam na de superpromotie van zijn secretaresse - negatief zijn. Toch neemt het NSPV het op voor Koekelberg.

??

Lire aussi:
Bellens offre un super job (vice-présidente) à sa secrétaire : démenti de Belgacom
Le patron de Belgacom Didier Bellens aurait procuré à sa secrétaire personnelle une fonction lucrative au sein de l'entreprise de télécom. Concetta Fagard a été nommée vice-présidente, contre l'avis du comité de direction, selon des sources internes rapporte De Morgen dans son édition du jour. Faux dit Belgacom qui dément l'information dans un communiqué publié en milieu de journée.

lundi 1 septembre 2008

Les 11 «casseroles» de Didier Bellens


Didier Bellens a donc marqué son accord au paquet salarial proposé par le conseil d'administration de Belgacom, dont l'ensemble des conditions contractuelles sera soumis par Inge Vervotte au Conseil des ministres via un projet d'arrêté royal; il accepte donc la baisse de salaire et du "parachute doré".



Casserole n° 1 : le salaire. Didier Bellens a touché, en 2007, une rémunération globale en progression de 37,4 % par rapport à 2006. Cela faisait de lui le patron le plus augmenté du Bel 20... et le 4e mieux payé de l'indice belge.


Casserole n° 2 : le parachute doré. Pour continuer sur le même thème, le magazine Trends-Tendances révélait, fin mai dans une étude sur les golden parachutes des patrons du Bel 20, que celui de Didier Bellens atteignait 8,09 millions d'euros, soit environ trois ans de salaire.


Casserole n° 3 : la «coquille vide» au Luxembourg.
L'Inspection spéciale des impôts s'intéressait à une filiale luxembourgeoise de Belgacom.


(...)


Casserole n° 7 : la guerre avec la Région wallonne. Win a été fondé en 1998 pour réduire la fracture numérique en Wallonie et fournir des services Internet à cinq segments du marché, dont les PME et les services publics. Belgacom avait alors remporté l'appel d'offres public de la Région wallonne. Fin 2007, cependant, Win et la Région étaient entrées en conflit, car l'opérateur n'aurait pas tenu ses engagements. Belgacom avait alors proposé de se retirer à court terme de Win et de ne garder éventuellement qu'une participation minoritaire dans sa filiale.


Casserole n° 8 : les abus de position dominante. L'auditorat du Conseil de la concurrence a émis, fin avril, de «sérieux doutes» sur l'admissibilité du rachat de l'opérateur télécoms néerlandais Scarlet par son concurrent Belgacom.


Casserole n° 10 : les scandales Daems et Chevalier. Début juin, Le Soir - encore lui - levait un lièvre : un contrat de six mois liant Rik Daems, ex-ministre de tutelle de Belgacom, et l'opérateur historique.


Casserole n° 11 : le «super-job» accordée à la secrétaire.


Lire aussi:

Les 50 patrons les mieux payés ont touché 316 fois le SMIC en 2006
L'ex-patron de Renault Louis Schweitzer arrive en tête avec 11,9 millions d'euros grâce à sa plus-value sur stock-options, selon le magazine Capital. Mais les patrons actionnaires sont les mieux lotis : Bernard Arnault a perçu 326 millions d'euros de dividendes


Roch Doliveux (UCB) patron le mieux payé du Bel20 (28/05/2008)
Les patrons du Bel20 ont été augmentés de 1,5 % en 2007. Ceci dit, en tenant compte des actions et stock-options, cette progression de leur rémunération est de 15 % ! Le mieux payé de nos grands patrons ? Roch Doliveux, CEO d'UCB, avec un total de 6,55 millions d'euros.
Le
salaire brut moyen (hors options) des patrons des entreprises du Bel20 a atteint 2,12 millions d'euros l'an dernier. Une moyenne qui cache bien entendu de grandes disparités. Didier Bellens (Belgacom) a vu sa rémunération augmenter de 45 %, contre 36,2 % pour Albert Frère (GBL). Le plus gros salaire a été attribué à Carlos Brito (InBev), proche de 4,3 millions d'euros. Suivi par Jean-Paul Votron (Fortis), avec 3,9 millions d'euros (+ 15,4 %).

jeudi 5 juin 2008

Etranges libéralités

Deux faits d'actualité liés à des ministres libéraux, m'interpellent:

  1. Charles Michel renvoie un membre du VB
    Le ministre de la Coopération au développement Charles Michel (MR) a empêché le député Bart Laeremans (Vlaams Belang) de participer à une réunion de la délégation belge, au sein de la résidence de l’ambassadeur belge à Rome, organisée dans le cadre de la conférence sur la sécurité alimentaire de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, relatent Het Laatste Nieuws et Het Belang van Limburg. Bart Laeremans est le président de la commission de l’Economie et de l’Agriculture à la Chambre. Dans le cadre de cette fonction, il fait partie de la délégation belge à Rome.

    Les détails sont à venir, car ces faits sont pour le moins étonnants; quand on accepte démocratiquement l'existence de fascistes dans les rouages de l'Etat ... il faut assumer jusqu'au bout.


    .
  2. Rik Daems a été consultant pour Belgacom via un étonnant contrat conclu en avril 2007 entre Belgacom et la SPRL Proconsult, représentée par son directeur général, le député Rik Daems (Open-VLD), qui fut également, de 1999 et 2003, le ministre de tutelle de l’opérateur public.
    Selon les termes de ce contrat, d’une durée de six mois, Rik Daems devait assister Belgacom, en tant que consultant, pour la recherche d’opportunités d’affaires dans l’émirat du Qatar.
    NB: me fait penser à un autre d'expert dans un milieu connexe.

    Quant à la rémunération de l’ancien ministre des Télécoms, elle devait consister en un pourcentage sur l’ensemble de l’investissement réalisé par Belgacom au Qatar, avec un plafond de 50.000 euros. Tous les frais engagés par Rik Daems dans l’exercice de ce contrat devaient également être pris en charge par l’entreprise publique.

    Les parlementaires (et autres mandataires) qui exercent des activités complémentaires à l'exercice premier de la démocratie ... dans des entreprises à caractère public (et même privée, finalement) ...

mardi 3 juin 2008

Foot, image, pognon et l'enseignement

Belgacom a obtenu les droits de diffusion de la première division de football en Belgique pour les trois prochaines saisons, pour un montant de 44,7 millions d'euros par saison.
Le montant des droits est supérieur de 25% à celui du contrat actuel, qui était de 36 millions d'euros par saison.


La RTBF et la VRT sont associés au contrat en ce qui concerne les résumés des rencontres et les magazines sur la 1ère division, rétribuant pour ces droits un montant de 8 millions à Belgacom.


Ces entreprises sont "publiques" pour l'essentiel.
Combien pour nos écoles ?


Updated
Lire aussi:
Didier Bellens indésirable chez Belgacom
Le gouvernement doit reconduire le patron ou désigner son successeur. Le CA favorable à la seconde option. Trois premiers noms circulent.

"Parmi les formations de la majorité, hormis le PS, Didier Bellens ne disposerait plus d'un réel soutien."

Mais il se murmure qu'un marchandage politique n'est pas à exclure. Un scénario passablement alambiqué prévoit qu'en échange d'un patron flamand pour Belgacom, les francophones recevraient un nouveau poste de commande à la SNCB.

Les salaires des grands patrons irritent l’Europe
Salaires exorbitants, pluie de stock-options, parachutes dorés, indemnisations records… Les chiffres à rallonge des salaires des patrons agace l’Europe.»

8 millions € pour Didier Bellens (Belgacom) en cas de licenciement
Hausse de salaire controversée à la SNCB

Que le Grand Cirque continue !

lundi 21 avril 2008

Simonet répond à Didier

Communiqué de presse à l’attention des rédactions
Namur, le 10 avril 2008

Lors de l’assemblée générale de BELGACOM de ce mercredi 9 avril, Didier Bellens a cru bon de déclarer « que la Région wallonne devrait préciser ce qu’elle veut et quels sont ses objectifs. On pourra alors avancer ». Marie-Dominique Simonet, Ministre de la Recherche et des technologies nouvelles de la Région wallonne invite Didier Bellens à prendre connaissance du contenu du contrat de services que BELGACOM a signé en 1998 avec la Région wallonne. Il y trouvera clairement spécifiés l’ensemble des objectifs de la Région dans ce dossier. Pour emporter ce marché public et freiner ainsi la concurrence sur le marché wallon, BELGACOM a remis en 1998 une offre par laquelle il s’engageait à poursuivre au travers de la société WIN s.a. des objectifs stratégiques pour la Wallonie, entre autres dans le secteur des PME et de la recherche & développement. Aujourd’hui et après 10 années, MDS constate que les résultats dans ces deux secteurs clés sont nettement insuffisants et ce malgré les nombreux rappels à l’ordre de la Région. Depuis maintenant plus de deux ans, le Gouvernement wallon presse instamment BELGACOM de dégager des moyens financiers et humains pour sa filiale, et ce afin de la soutenir dans l’exécution des engagements auxquels BELGACOM a souscrit en 1998. (...)

samedi 1 mars 2008

Les privatisations en Belgique

Je rapportais ici un-et-le message pré-formaté, du type dont on a déjà diserté ici.

Je tombe sur un article d'un intérêt extrême sur "Les privatisations en Belgique. La mutation des entreprises publiques 1988-2008", de Jacques Moden, Collaborateur extérieur du Crisp que voici:
« Les privatisations n’ont guère contribué à la réduction de la dette publique » 28 février 2008

En vingt ans, l’État belge a privatisé les institutions publiques de crédit et la plupart des entreprises publiques, partiellement ou totalement. Exit la RTT, devenue Belgacom, société privée cotée en Bourse, dans laquelle l’État détient encore la majorité ; exit la Sabena, qui s’est « crashée » après un mariage raté avec Swissair ; exit la CGER, aujourd’hui intégrée au premier groupe financier du pays, Fortis ; etc.

La privatisation des entreprises publiques était devenue, dès le début des années 80, l’un des leitmotivs de la vague néolibérale. Notre pays est resté longtemps à la traîne. Mais, quand bien même l’idéologie n’a jamais été un moteur des privatisations en Belgique, le niveau d’endettement public suffisait à nourrir le désir des différents gouvernements successifs de céder les « bijoux de famille ».

Il n’existe aucun rapport officiel qui trace le bilan des privatisations.
  • Quelle fut la motivation principale des privatisations ?
  • Permettre à ces entreprises de se développer, en leur facilitant l’accès au marché des capitaux ou en les adossant à un partenaire présumé solide ?
  • Ou, de manière opportuniste, permettre au gouvernement de boucler, année après année, son budget ?

Le mouvement de privatisation a commencé dès la fin des années 70 en Grande-Bretagne, quand Margaret Thatcher est devenue Premier ministre.
En France, l’essentiel des privatisations a eu lieu dans les années 80.
En Belgique, les privatisations n’ont commencé qu’en 1992-1993. D’une part, il fallait respecter les critères du Traité de Maastricht pour pouvoir intégrer l’Union économique et monétaire – et, partant, réduire l’endettement public.
D’autre part, ces entreprises avaient besoin d’argent frais que l’État, impécunieux, était incapable de leur fournir.
Ainsi, par exemple, les fonds propres des institutions publiques de crédit (Crédit communal, CGER, SNCI, OCCH…) étaient insuffisants au regard des normes bancaires. Le problème était manifeste à la CGER. Il était beaucoup moins pressant au Crédit communal. Mais, après la fusion avec le Crédit local de France, les communes, qui détenaient 50 % du nouvel ensemble, n’ont pas beaucoup hésité quand elles ont vu ce qu’elles pouvaient retirer de la vente de leur participation (NDLR : le holding communal détient encore 15 % de Dexia).


En règle générale, l’État, incapable de recapitaliser ses entreprises, a dû rechercher des partenaires privés. C’est évident dans le cas de La Poste : le partenaire danois a apporté du capital dans La Poste (et non dans les caisses de l’État), en échange d’une participation.
Les objectifs ont-ils été atteints ?
Les privatisations n’ont guère permis de réduire la dette publique, tous niveaux de pouvoir confondus.


Combien les privatisations ont-elles rapporté à l’État ?
Les estimations vont de 15 à 25 milliards d’euros. Mais les chiffres sont contestés et contestables. Ainsi, par exemple, l’État a revendu le portefeuille de crédit de l’OCCH pour 3 milliards de francs, après avoir réinjecté… 5 milliards de francs pour effacer l’endettement et éviter la faillite de l’institution. Je propose une estimation prudente : 17 milliards d’euros (y compris la vente de Cockerill par la Région wallonne et de la participation de la Région flamande dans Sidmar, mais hors ventes de biens immobiliers).
En comparaison, la dette a culminé à 300 milliards d’euros ! Les privatisations n’ont donc pas contribué à améliorer de manière décisive nos finances publiques.

Pour les entreprises, si l’on fait exception de la Sabena et de la RTM (Régie des transports maritimes) le bilan est plutôt positif : globalement, elles sont en meilleure santé qu’il y a quinze ans, ayant été confortées (par exemple, Belgacom ou le Crédit communal) ou intégrées dans des ensembles plus solides (comme la CGER ou Distrigaz). Un nombre relativement restreint est passé sous contrôle étranger : c’est le cas de Distrigaz, du Crédit agricole, de la SPE, de Biac, de Cockerill Sambre.
Mais l’emploi a trinqué. Chez Belgacom, par exemple, les effectifs ont été réduits de 42 % !
Les réductions d’emploi ont été importantes. Vous citez Belgacom, mais toutes les entreprises de téléphonie ont considérablement réduit leurs effectifs. Peut-être l’emploi aurait-il moins diminué si ces entreprises étaient restées publiques. Mais les effectifs de la SNCB, par exemple, se sont également contractés, de 19 % en quinze ans.








Dans le cas de la Sabena, l’alliance avec Swissair devait permettre le sauvetage de la compagnie aérienne nationale. Mais l’aventure s’est terminée par un naufrage. Les responsabilités de l’État dans cette mésaventure n’ont jamais été éclaircies. On a même accordé la décharge aux représentants de l’État belge au Conseil d’administration de la compagnie…
Une commission parlementaire a été mise sur pied, mais aucun responsable n’a été désigné nommément.
En réalité, quarante gouvernements successifs portent une responsabilité : la Sabena n’a jamais disposé des moyens financiers dont elle avait besoin et s’était hyperendettée. Air France, un moment intéressée, s’est retirée. Je crois qu’il était trop tard pour sauver la compagnie. L’alliance avec Swissair n’a rien arrangé.
On a souvent reproché à l’État de vendre ses participations au rabais. L’exemple le plus souvent cité est celui de la CGER, dont la première tranche de 25 % a été cédée contre 15 milliards de francs, et la quatrième, contre 50 milliards…
Au moment où l’État a cédé la première tranche du capital de la CGER, personne n’a dit qu’on vendait trop bon marché… Il est exact que l’État a vendu pour une bouchée de pain la SNI, qui détenait une participation de 50 % dans Distrigaz. Mais à l’époque, tout le monde se réjouissait de l’opération.

En revanche, les ventes d’immeubles publics en vue de leur relocation ont suscité plus de controverses…
Les opérations de vente puis de relocation d’immeubles (sale and rent-back) – l’essentiel des ventes d’immeubles par l’Etat – ont rapporté deux milliards d’euros. Mais selon la Cour des comptes, elles coûteront plusieurs milliards sur le long terme.
Pourquoi les avoir réalisées ?
Parce qu’il fallait boucler le budget de l’État. Ainsi, il est symptomatique que les ventes d’immeubles aient généralement été décidées au mois de décembre !


"[3] PAPY2 envoyer un message personnel dit le 28/02/2008, 22:26
Sale and rent-back Si on n’a pas d’argent et des immeubles inadaptés, il est préférable de les vendre avant qu’ils ne tombent en ruine.--- Après remise aux normes modernes l’acheteur les louera à l’Etat généralement pour une longue période---. Les immeubles sont souvent récupérés à la fin du bail dans l’état où ils se trouvent et le loyer prévoit généralement un montant pour la rénovation tous les 25 ans. ----Les fonctionnaires travailleront ainsi dans des conditions décentes, l’Etat est généralement un mauvais gestionnaire d’immeuble, l’acheteur qui possède souvent plusieurs immeubles dans le même quartier à intérêt à conserver un certain standing aux immeubles et il dispose pour ce faire d’un personnel spécialisé.----Pour le budget ce procédé permet d’éviter des fluctuations importantes obligeant à postposer et à attribuer des priorités source de conflits
"







Il n’y a jamais eu de rapport officiel sur les privatisations. Pourquoi ?
Le Bureau du Plan a réalisé deux bilans comptables des privatisations. Mais au delà, rien. Le parlement a pu de temps en temps poser l’une ou l’autre question sur telle ou telle opération… Mais le débat annuel sur lequel s’était engagé en son temps le ministre des Finances, Philippe Maystadt, n’a jamais eu lieu. Il est vrai qu’à la différence d’autres pays, la Belgique n’a pas eu de loi qui fixait le cadre des privatisations. Et puis, il existait, en Belgique, un consensus, toutes familles politiques confondues.

Pensez-vous que le processus de privatisation soit achevé ?
L’État est encore actionnaire de grandes entreprises, soit totalement – la SNCB – soit majoritairement – Belgacom ou La Poste. La cession de la participation dans Belgacom ne poserait pas de problème ; elle pourrait intervenir très rapidement.
La SNCB, quand elle aura retrouvé la rentabilité financière, pourrait suivre – à l’exemple des chemins de fer allemands, qui sont prêts à être introduit en Bourse.
La Loterie nationale pourrait être privatisée – bien que la perspective de voir l’entreprise perdre son monopole en réduise la valeur – ou les autoroutes. Voire la Sécu, comme en Suisse, mais dans ce dernier cas, cela ne rapporterait rien à l’État.

Ouvrage à lire d'urgence, donc !