vendredi 15 octobre 2010

Bruxelles - pauvreté

Pascal Smet le ministre flamand en charge des Affaires bruxelloises:

Il revient d'abord à Bruxelles de gérer la pauvreté sur son territoire.
Les responsabilité première de la prise en charge de la problématique de la pauvreté à Bruxelles est dans le camp de la Région-capitale. La communauté flamande est un partenaire dans ce dossier.

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La situation est de plus en plus alarmante, tous les indicateurs sont aujourd'hui dans le rouge ».

Le constat est sans appel : la capitale européenne, malgré ses richesses, voit chaque jour la pauvreté gagner du terrain. Un tableau noir objectivé par les chiffres du rapport 2010 de l'Observatoire de la santé et du social. « La pauvreté croît tout comme les inégalités sociales, indique Truus Roesems qui travaille au sein de l'Observatoire. Les plus mal lotis l'étant toujours un peu plus ».

Le rapport, présenté ce lundi par les ministres Evelyne Huytebroeck (Ecolo) et Brigitte Grouwels (CD&V), dresse un portrait-robot plutôt déprimant. « Bruxelles compte près de 110.000 chômeurs (9.000 de plus qu'en septembre 2009 !) et près de 32.000 dossiers introduits auprès d'un Centre d'aide sociale. Du côté des personnes âgées, on dénombre 13.250 personnes vivant avec le revenu minimum garanti ». Pour les plus jeunes, la situation est tout aussi préoccupante. « Un jeune sur 3 (de 0 à 17 ans) vit dans un ménage qui ne compte aucun revenu du travail ».

Pour la première fois, des chiffres sont également disponibles, Communautés française et flamande ayant croisé leurs fichiers. Bulletin, pas brillant. « La moitié des garçons et près de la moitié des filles présente au moins une année de retard scolaire en entrant dans le secondaire », poursuit Truus Roesems. Inquiétant lorsque l'on sait que plus le niveau de connaissances est élevé plus l'ont voit décroître le risque de ne pas dégoter un job (voir infographie). « Même s'il s'agit d'un phénomène propre aux grandes villes, Bruxelles voit plus de jeunes quitter l'école sans diplôme secondaire que partout ailleurs ».

Sans réelle surprise, le constat étant établi depuis longtemps, ce sont les communes de la première couronne qui sont les plus frappées par la précarité. « Mais la différence se creuse également entre les communes bruxelloises et celles des autres régions ».

Une telle situation impose que l'on prenne des mesures importantes et efficaces. En l'occurrence ici, tous les niveaux de pouvoir se sont concertés et proposent un plan d'action commun. Ensemble, car la problématique est complexe et globale. Premier constat commun : la pauvreté n'est pas un phénomène qui survient en marge de la société mais bien en son sein, c'est un phénomène sociétal, global et même institutionnel.

Le plan d'action comporte 34 objectifs stratégiques et opérationnels. Visant notamment à garantir un revenu digne et à maîtriser les coûts des biens de première nécessité. Il compte aussi promouvoir une fiscalité équitable. Un effort à faire en matière d'enseignement et d'alphabétisation. Enfin, favoriser l'accès au logement et lutter contre les logements vides et insalubres.

Pour en savoir plus : www.observatbru.be


Picqué: le combat pour Bruxelles doit être celui de la justice sociale
Notre combat pour Bruxelles doit aussi être un combat pour la justice sociale, a affirmé mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué, invité par le conseil syndical de la FGTB Bruxelles qui s'est penché sur l'impact social de la réforme de l'Etat.
Pour Charles Picqué, le recul social que pourrait entraîner le modèle de réforme de l'Etat voulu par certains est de nature à contaminer la vie économique.

"Je crois que les entreprises quittent une métropole lorsque celle-ci n'est plus en mesure d'assurer certains services", a-t-il commenté à la FGTB.

Plus globalement, Charles Picqué a insisté sur la nécessité pour le fédéral de disposer de suffisamment de moyens pour garantir le fonctionnement de la sécurité sociale dont les règles ne peuvent dépendre de la langue des bénéficiaires, mais de la situation sociale des gens, notamment dans le secteur des allocations familiale.

Pour lui, la loi de financement doit en "rester l'épine dorsale".

Le ministre-président bruxellois a par ailleurs estimé qu'une régionalisation de l'Impôt sur les Personnes Physiques (IPP) pourrait mener les entreprises à devoir gérer trois modèles différents et certains patrons à embaucher les travailleurs qui ont le salaire net le plus élevé.

Charles Picqué s'est dit favorable à une simplification des institutions bruxelloises. Il a déploré que certains ne la conçoive que comme un moyen d'affaiblir les francophones et refusent de parler notamment de la suppression de la Commission Communautaire Commune, et de la création de listes bilingues.

Des cours de langue obligatoires dès 3 ans?

A Zurich, comme à Bâle, l’idée d’imposer des cours d’allemand aux enfants de langue maternelle étrangère fait jaser. Pour ses promoteurs, il s’agit de garantir l’égalité des chances

«C’est inquiétant de voir que les enfants de langue maternelle non allemande représentent une majorité en primaire, et une nette minorité au niveau du gymnase. C’est l’expression d’un malaise», déplore Muammer Kurtulmus. Ce Turc, en Suisse depuis1995, travaille comme assistant social à Zurich. Il est l’un des vingt membres du Conseil des étrangers de la ville et l’auteur d’une étude qui n’est pas passée inaperçue cet automne, car elle a été mise en évidence par le Tages-Anzeiger. Depuis 2008, les écoliers de langue maternelle non germanophone constituent la majorité des élèves zurichois (50,2%). Leur nombre serait passé de 8396 en 1990 à 13 649 en 2008 (voir ci-contre). Et seule une minorité poursuit son chemin au gymnase.«Nous aimerions que les autorités et la population prennent davantage conscience de cette réalité.» Car derrière ce malaise dont parle Muammer Kurtulmus se retrouve souvent un contexte familial défavorable, notamment au niveau du bagage linguistique. En début de scolarité, un enfant sur cinq souffre de déficits linguistiques.


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